08/09/2026
08/09/2026
Par Valérie Legault. Soraï n’est pas du genre à attendre les autres pour que ses projets se réalisent. Après plusieurs expérimentations, l’autrice-compositrice-interprète autodidacte s’est trouvé un style bien à elle qui vous surprendra. Ses rythmes et paroles sur fond queer sont totalement assumés et ils sont faits pour entrainer tout le monde dans un univers de contrastes.
La scène musicale s’est avérée la bouée de sauvetage dont avait besoin la jeune femme au look androgyne. Celle qui a toujours été très réservée change complètement de personnalité lorsqu’elle prend les planches d’assaut. Sur les beats aux basses puissantes qu’elle crée elle-même, Soraï chante des paroles qui résonnent fort chez les fans dans la vingtaine comme elle.
Artiste touche-à-tout, Soraï s’intéresse depuis toujours aux paroles et à la musique. Enfant, elle écrivait déjà ses propres chansons. Les titres de ses œuvres lui parviennent aussi spontanément. Ce sont eux qui influencent la suite de sa création artistique. Malgré son jeune âge, Soraï est déjà loin de son identité musicale d’origine. À la base artiste de hip-hop lo fi, elle créait surtout des œuvres douces et relaxantes. Tout le contraire d’aujourd’hui ! C’est ce qui a donné naissance à son nom d’artiste inspiré du mot « corail » et qu’elle a conservé pour sa sonorité agréable. Elle était à la recherche d’un nom à la fois calme et mélancolique. « J’explorais encore beaucoup la musique quand je l’ai trouvé. Je suis comme un caméléon, avoue-t-elle. Ma musique n’a plus aucun rapport avec cet état d’esprit ! »
Créer des contrastes
Si la création musicale est arrivée après l’écriture des chansons, elle occupe maintenant une place prépondérante dans sa démarche. Soraï compose toutes ses mélodies et s’en inspire ensuite pour y apposer ses rimes. Son travail donne un résultat très urbain, qui navigue entre la pop et l’électro. « Je suis hyperactive et impatiente depuis toujours. Plus jeune, j’ai demandé tellement souvent à mon père d’installer l’application Garage Band sur l’ordinateur de la maison qu’il a fini par le faire ! » Le déclic s’est tranquillement opéré. « J’aime créer des contrastes entre le rythme et la voix, dit Soraï. C’est l’une de mes forces et je sais que ça me distingue. »
Voir Soraï au Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean
Un désir de s’émanciper
Ses nombreux essais musicaux lui ont permis de trouver le son qui la représente le mieux. Puis, elle s’est investie avec encore plus de sérieux pour présenter ses idées avec clarté. « Avant, je me sentais mal dans ma peau », confie Soraï. Derrière sa gêne se cachait un désir bien enfoui de s’émanciper. « En faisant de la musique, j’ai compris que j’avais besoin d’espace. Au fond, c’est tout ce que je voulais. Ça donne comme résultat une musique qui cogne, qui me valorise et qui fait que je me sens bien. » C’est exactement le genre de sentiment qu’elle veut transmettre dans la foule durant ses spectacles. « Mon projet se veut comme un tout, dit-elle. Ce que j’affiche sur scène me permet de faire ce que je veux, d’incarner une personnalité forte et bruyante qui s’assume. »
Vous avez peut-être vu et entendu Soraï cet été à Saint-Jean-sur-Richelieu. Avec plusieurs autres artistes émergents, elle faisait partie des invités à l’International de montgolfières. L’autrice-compositrice-interprète s’est aussi produite sur les scènes de nombreux autres festivals l’été dernier, comme au Festival d’été de Québec et aux Francos de Montréal. Cette vitrine est tombée à point pour celle qui veut faire connaitre sa démarche au plus grand nombre de spectateurs possible.
Une vitrine queer
Si elle s’affiche sans complexe comme une artiste queer, Soraï estime que cette frange de la population est encore trop peu représentée sur la scène musicale. « Je ne m’adresse pas uniquement à elle, au contraire, mais je trouve que c’est important de le dire, car ça fait partie de mon identité et j’en suis fière », affirme-t-elle. Soraï se réjouit d’occuper ce créneau, « d’autant plus qu’il est difficile d’avoir des modèles quand on est queer. Très peu de gens s’affichent de cette manière sur la scène. Les gens queer qui écoutent de l’électro ou de la musique pop se tournent surtout vers les États-Unis ou l’Europe, alors qu’ici au Québec, on est beaucoup dans la musique folk et traditionnelle. »
Soraï
15 octobre 2026 | 18 h
Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean
Places réservées
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h