09/06/2026
09/06/2026
Par Francis Hébert. Le saxophoniste émérite québécois Rémi Bolduc débarque avec son groupe pour présenter un concert hommage aux plus réputés noms du jazz : qu’ils soient d’ici (Oscar Peterson) ou d’ailleurs (Miles Davis, Charlie Parker, Dave Brubeck). Sans oublier de laisser une place à l’improvisation, celle qui souffle dans tous les sens et sait créer des moments uniques.
L’entretien avec Rémi Bolduc commence doucement, presque timidement. En tant qu’enseignant en musique à l’Université McGill, il a la parole facile, mais il met un certain temps à laisser s’envoler : « Ce spectacle, Les grands du jazz, ce n’est pas une création, car je l’ai déjà présenté, par exemple l’hiver dernier en Colombie-Britannique, mais ce n’est pas une tournée non plus. Au Québec, on va jouer dans des évènements spéciaux, comme à la Quinzaine Jazz. Au piano, il y a François Bourassa avec qui j’avais fait l’album hommage à Brubeck. On est de la même génération, on a une belle complicité. On joue bien ensemble. J’ai aussi avec moi deux musiciens expérimentés qui viennent de New York pour enseigner à McGill – à la contrebasse, Ira Coleman (il a plus de 70 ans, il a longtemps joué avec Sting ou Herbie Hancock) et à la batterie, Darrell Green, qui est un expert du swing et qui a un projet avec sa femme qui tourne à travers le monde. »
Voir Rémi bolduc au Pôle culturel de Chambly
À l’évocation de ces artistes, on a une petite pensée pour ces classiques aventureux que sont les opus Head Hunters de Herbie Hancock ou On the Corner de Miles Davis… « Pour Les grands du jazz, je suis arrivé avec une liste de morceaux. Je l’ai présentée aux musiciens, on a fait des répétitions. Ils emmènent des idées pour les arrangements. Je reste ouvert aux suggestions. Nous parlons le langage de la musique plus que des mots. Il y a beaucoup d’improvisation, le musicien fait tout ce qu’il veut du moment où on lui donne une plateforme sur laquelle il est à l’aise. » Et tant que meneur, Rémi Bolduc veille à ce que ses collègues sur scène ou en studio puissent s’épanouir dans des notes qui leur conviennent. Au cours de ses décennies de carrière, Rémi Bolduc a cumulé les prix, qu’il prend comme des tapes dans le dos.
« Le spectacle reste assez sobre et s’inscrit dans un programme plus traditionnel de jazz. Je parle et rencontre le public, c’est convivial. À notre époque, la musique est disponible partout sur internet et elle est parfois fabriquée par l’intelligence artificielle. À l’occasion, j’écoute et je peine à différencier ce qui est vrai ou non… Au piano jazz, avec l’I.A., ils peuvent faire quelque chose de bon. Avec le saxophone, c’est moins réussi, mais ça va venir… Quand ils vont réussir à tout faire bien sonner, que va-t-il rester pour être sûr d’entendre des humains jouer et non des machines ? Ce sera le concert en direct. Il y en aura de plus en plus, car les gens auront envie de voir ça. »
À 64 ans, Rémi Bolduc est serein, en forme, calme, et ne demande qu’à laisser la porte ouverte à la relève musicale, tout en conservant l’envie de souffler la note, le plus longtemps et le plus loin possible.
Rémi Bolduc
11 septembre | 20h
Salle Emma-Albani
Pôle culturel de Chambly
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h
☼ Horaire estival 25 juin au 23 août 2026 ☼
Du mercredi au samedi de 12 h à 17 h