05/01/2026
05/01/2026
Par Francis Hébert. C’est en solo que Louis-Jean Cormier s’amène cette fois sur nos planches pour interpréter essentiellement des chansons des autres, plus deux ou trois des siennes. Le ton se veut intime, les guitares acoustiques. Le spectacle Les entretoits entre douceur, confidences et humour. On s’est entretenus avec l’auteur-compositeur-interprète et meneur du groupe Karkwa.
«Mon leitmotiv pour ce show, c’est de lâcher le volant. Lâcher prise. Comment la vie peut nous surprendre quand on arrête de vouloir tout contrôler et de t’emmener à la bonne place finalement? C’est très philosophique. À la fin des spectacles, les files d’attente pour signer des autographes n’ont jamais été aussi longues… Les spectateurs pleurent, me disent à quel point ça leur a fait du bien… C’est quasiment un show thérapeutique » lâche l’artiste, mi blagueur, mi ému. Et toujours surpris de constater à quel point l’art va chercher les gens dans ce qu’il a de plus intense.
Ça fait déjà plus de vingt ans que Louis-Jean Cormier sillonne les routes avec le rock fiévreux et mystérieux de Karkwa. En 2023, après une pause de quelques années, le groupe reprenait du service avec un album et une tournée : «Tout ça s’est étiré un peu. J’avais travaillé ben fort sur l’écriture du disque, puis au moment d’arrêter, je ne me sentais pas prêt à offrir tout de suite au public de nouvelles chansons de Louis-Jean. J’avais besoin d’un retour à l’essentiel, j’avais encore les oreilles qui sifflaient»…
Voir Louis-Jean Cormier
Il y a toujours eu deux facettes à l’art de Louis-Jean. Celle rock, plus bruyante. Et celle en solo, avec des morceaux fredonnés délicatement, avec une guitare acoustique, des mélodies enveloppantes, où sa voix nous happe et nous touche. On peut comprendre l’envie du chanteur d’y retourner, mais cette fois dans le répertoire des autres : Félix Leclerc, Dan Bigras ou même Malajube, histoire d’étonner son public.
«Je voulais faire ce show genre boîtes à chansons depuis longtemps, comme un défi. Divertir les gens pendant une heure et demie avec une guitare nylon. Au fil du temps, j’avais déjà réinterprété du Gilles Vigneault, du Martine St-Clair… Le choix des titres s’est fait de lui-même : j’ai choisi les chansons que la vie m’a demandé de faire, celles qui sont représentatives de mon parcours, mais sans être un spectacle autobiographique non plus. Il y a juste quelques clins d’œil à ma vie.»
Les entretoits a une dimension supplémentaire. Louis-Jean l’a voulu très écrit et jovial : «Il fait réfléchir, mais en même temps, il est très drôle. Ça contraste avec le côté chanteur mélancolique, les gens pensent que je suis triste dans la vie, alors que je ne le suis pas vraiment… Pas du tout, en fait.»
Louis-Jean Cormier continuer à mijoter à la suite, à la meilleure manière d’offrir un enregistrement de cette tournée. Avec le public, en studio, une version expurgée et plus propre? Avec ou sans les monologues? En parallèle, il griffonne des bouts de nouvelles chansons, sans savoir où tout ça va le mener. Car, comme la récente tournée de Karkwa, celle en solo a tendance à s’étirer, et personne ne s’en plaindra.
Louis-Jean Cormier
7 février 2026 | 20h
Salle Emma-Albani
Pôle culturel de Chambly
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h