03/03/2026
03/03/2026
Par Francis Hébert. Quatre ans après le premier volet, le spectacle Nikamu Mamuitun (chansons rassembleuses) revient sur nos rives, toujours afin de célébrer la diversité et la richesse des langues autochtones et allochtones, sans oublier de les entrelacer avec du français. Artistes de toutes provenances québécoises et même franco-manitobaines se réunissent, le temps d’un nouveau disque et d’un spectacle tout neuf.
« La vie, c’est l’art des rencontres », aimait à répéter le chanteur et producteur français Pierre Barouh. Ce Nikamu second en est le reflet même. Pour nous en parler, on joint au téléphone la belle artiste Sandrine Masse qui, dans sa chanson L’ours noir, avouait : « On s’est chanté des choses/Parce que les choses se disent toujours mieux/Quand on les chante… » Celles et ceux qui, comme nous, ont apprécié ses deux premiers mini albums seront ravis d’apprendre qu’elle en sortira un troisième à l’automne, entre folk, chanson et expérimentation.
Avant de se poser dans la réserve de Wendake, où ses racines familiales se plongent, Sandrine s’est promenée entre Granby, l’Université de Montréal ou l’Outaouais : « Cette fois-ci, c’est une nouvelle mouture, mais il y a quelques personnes qui étaient déjà dans la première cohorte, comme Ivan Boivin-Flamand, qui est désormais directeur musical. J’avais écouté le premier album, mais j’avais loupé le show. C’était mon rêve d’intégrer ce projet. » Notons aussi la présence de Luan Larobina, une artiste née à Gaspé mais d’origine latine et qui ajoute un peu d’espagnol aux différentes langues chantées ici. Les Johannais connaissent déjà son père, le chanteur Juan Sebastian Larobina, qui s’est produit à quelques reprises chez nous.
Voir Nikamu Mamuitun II
Toute cette riche aventure était le désir d’Alan Côté, le grand manitou du Festival en chanson de Petite-Vallée. En 2017, c’était déjà en construction. Pour le deuxième volet, il a fait appel, entre autres, aux très talentueux Gaspésien Guillaume Arsenault, à la Franco-Manitobaine Willows (Geneviève Toupin) et, pour le disque uniquement, au guitariste Hugo Perreault : « Alan savait que c’était dans mes cordes. En plus du chant et de la guitare, je joue de l’alto. Pour Nikamu 1, c’était une des premières fois qu’on réunissait ainsi des artistes autochtones et allochtones de la relève pour une rencontre culturelle et linguistique. Maintenant que ceci est établi, on passe à la prochaine étape, avec des artistes un peu plus vieux, fin vingtaine ou la trentaine, avec notre façon de porter notre art comme être humain. Le thème qu’Alan voulait qu’on explore, c’est l’éveil, la réconciliation… On essaie de partager ça avec le public. Dans ma tête, ce projet pourrait devenir une sorte de parapluie où les artistes vont pouvoir s’interchanger, partir, revenir plus tard. C’est une formule amovible. »
Au Québec, il y a eu des précurseurs dans la défense et la promotion de la culture autochtone. On pense à Richard Séguin, Richard Desjardins ou Chloé Sainte-Marie. Sandrine Masse cite comme mentors Alan Côté et Florent Vollant : « Pour la réalisation du disque, Hugo Perreault a été excellent, il était à l’écoute et nous consultait pour prendre ses décisions. Florent était là aussi, on enregistrait du côté de Maliotenam. Il s’est même assis avec nous pour écrire un refrain. C’était un guide pour nous tous. »
Sur scène, les dix interprètes seront tous présents en même temps, ils s’échangeront les rôles, feront des chœurs pour les collègues. Pour présenter « comme une famille, ce qu’on a créé ensemble, toute la gang », dit Sandrine Masse.
Paru en février, le disque Nikamu Mamuitun II est déjà convaincant, porté par les guitares et la ferveur. Les spectacles devraient nous réchauffer tout autant.
Le spectacle sera précédé d’une conférence de 14 h 40 à 15 h10. Plus de détail dans l’infolettre de rappel acheminée quelques jours avant l’événement.
Nikamu Mamuitun II
19 avril 2026 | 15 h 30
Salle Desjardins
Théâtre des Deux Rives
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h