13/03/2023

Quoi de neuf?

Martin Drainville : un rôle impossible à refuser

Par Marie-Pier Gagnon. Le film nous a bouleversés par la sincérité de son histoire et l’authenticité de ses personnages. Vingt ans plus tard, voilà que Gaz Bar Blues s’amène sur scène pour la toute première fois. Une production d’envergure imaginée par David Laurin dans laquelle on retrouve avec bonheur un Martin Drainville touché et touchant.

Il y a des propositions qui nous sont tout simplement impossibles à refuser. Pour Martin Drainville, celle de reprendre le rôle de François Brochu, ce père de famille autour de qui gravite l’histoire de Gaz Bar Blues, en faisait partie. Même conscient du piège de la comparaison – il est lui-même très respectueux du travail réalisé par Serge Thériault dans la version originale – mais aussi de la trace laissée dans l’imaginaire québécois par le film, il n’a pas hésité à se lancer dans l’aventure.

Pour la beauté de l’histoire avant tout. « C’est une histoire qui dresse une image positive du père. Malgré toutes ses maladresses, on sent que c’est un homme soucieux du bien-être de ses enfants. C’est ça qui est important pour lui. C’est un homme de peu de mots, mais de beaucoup de gestes », résume le comédien. Papa de deux enfants et originaire d’un petit coin de pays, il confie s’être rapidement laissé bercer par ce récit du réalisateur Louis Bélanger.

Voir Gaz Bar Blues

Une pièce qui fait du bien
Soulignons que la pièce se déroule en 1989, à Limoilou. On y suit le personnage principal, propriétaire d’une petite station-service. À l’image du mur de Berlin, son monde s’écroule, symptôme d’une modernité qui s’installe tranquillement au Québec. Pendant ce temps, ses enfants sont avides de nouvelles expériences, et reprendre l’entreprise tenue à bout de bras par leur père n’est pas la voie privilégiée. « Tant mieux », convient humblement leur paternel.

Pour le comédien à la tête d’une distribution de talent, cette époque résonne encore dans sa mémoire. « C’est comme regarder un album photo d’un passé pas si lointain, d’une époque où les parents travaillaient très fort pour que leur enfant ait une meilleure vie qu’eux, où pour s’élever il fallait faire le plus avec ce que l’on avait, rappelle-t-il. C’est une pièce qui fait du bien, qui réveille le meilleur chez les gens », ajoute-t-il, fort des premières critiques très positives.

Entre le jeu et la musique
Pour bien camper l’univers de Louis Bélanger, David Laurin, qui signe l’adaptation des textes, a choisi de laisser une place importante à la musique sur scène. C’était un incontournable. Après tout, comment passer à côté des mélodies à l’harmonica si brillamment composées et interprétées par un musicien que l’on connait bien dans la région, Guy Bélanger ? « C’est un spectacle qui est assez complet, où les genres s’entremêlent. C’est comme si on baignait dans la trame sonore », explique M. Drainville.

Comment ? Chaque interprète est aussi musicien à ses heures. Si bien qu’aucune bande préenregistrée n’est utilisée pendant le spectacle. De la scène, les interprètes nous offrent des performances musicales uniques, guidées par l’émotion du moment. Guitare, batterie, harmonica… on retrouve tous les instruments nécessaires pour transmettre cette fibre si émouvante qui caractérisait le film.

Seul Martin Drainville apparait sur scène sans instrument. « C’est par la musique, confie-t-il, que la production a réussi à créer le sentiment d’unité de l’équipe que vous verrez sur scène. » Une équipe formée de A à Z par des gens qui ne se connaissaient pas beaucoup, voire pas du tout, et qui, guidés par la metteure en scène Édith Patenaude, ont réussi à livrer un spectacle acclamé par la critique.

Heureux du début à la fin
Le mot de la fin, M. Drainville ? « C’est un projet dans lequel j’ai eu du plaisir du début jusqu’à la fin. C’était un pari très risqué. Ça avait tout pour se casser la gueule ! (…). C’est une pièce qui nous fait rendre compte qu’on a eu de bons parents. Des gens qui n’étaient pas spectaculaires, qui dans la vie de tous les jours passaient inaperçus, mais qui étaient des parents dévoués », conclut le comédien qui a bien hâte de se produire sur la scène du Théâtre des Deux Rives.

Crédits :
Texte : Louis Bélanger. Adaptation : David Laurin. Mise en scène : Édith Patenaude. Interprétation : Martin Drainville, Miryam Amrouche, André Lacoste, Francis La Haye, Frédéric Lemay, Patrick Ouellet, Steven Lee Potvin et Jean-François Poulin. Coproduction : les compagnies Duceppe et La Bordée. Durée : 1 h 30, sans entracte.

Gaz bar blues
8 avril 2023 à 20 h
Salle Desjardins
Théâtre des Deux Rives

Photo Danny Taillon

INFORMATIONS ET BILLETTERIE

Adresse

30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4

Heures de la billetterie

Du lundi au samedi de 10 h à 18 h.

Travaillez avec nous