19/10/2023
19/10/2023
Par Francis Hébert.
Tout juste nominé pour une première fois à l’ADISQ, LUMIÈRE jongle avec l’éclectisme et la démesure qui rappellent un peu le David Bowie période glam rock. La flamboyance, l’exagération, le plaisir de se travestir. Mais il le fait dans la langue de Pierre Lapointe. Entre pop et psychédélisme, il s’amuse.
LUMIÈRE c’est Étienne Côté au civil. On l’a connu comme musicien dans Canailles, groupe défunt, et dans le toujours actif Bon Enfant, qui prépare un nouvel opus : « Avec le projet LUMIÈRE, j’avais envie de m’exprimer avec mes propres chansons. J’ai commencé à écrire seulement vers 25 ans. Bon, ce n’est pas si vieux, mais je joue de la musique depuis bien plus longtemps. » Jeune trentenaire, Côté est calme, posé, et s’exprime bien dans un français juste. On a l’impression que c’est sur scène qu’il se relâche. « J’avais envie de créer des objets d’art. Avant, je composais des mélodies, j’essayais de mettre des mots dessus, mais je ne trouvais ça jamais assez bon. Avec Bon Enfant, je proposais des idées d’arrangements ou je participais aux paroles, mais pas plus que ça. C’est avec LUMIÈRE que je me suis mis à l’avant-scène. »
Avec les musiciens qu’il a recrutés parmi ceux qu’il admire, LUMIÈRE fait paraître deux albums (A.M.I.E.S.A.M.O.U.R. en 2021 et GLAM cette année). « Je me suis autorisé à avoir une parole. La littérature m’intéresse, mais j’ai d’abord étudié en architecture au cégep. J’étais réticent à étudier en musique, car je suis plutôt autodidacte. Mais j’avais l’impression de tourner autour du pot… Alors je suis allé apprendre le solfège, l’harmonie, et ça m’a beaucoup aidé par la suite. À l’Université de Montréal, j’étais en percussions classiques et j’ai aussi fait un peu de jazz, des cours de chant. » Parmi ses goûts musicaux, il cite Elton John, Supertramp, Harmonium, Joe Dassin, Beau Dommage. Côté est aussi un auditeur de la radio AM 940, dont il apprécie le parfum rétro (la musique diffusée se concentre sur les années 60/90).
Il a probablement un faible pour David Bowie, mais on a oublié de le questionner là-dessus précisément. De toute façon, il suffit de voir ses déguisements ou maquillages sur scène ou dans ses vidéos pour comprendre que le personnage de Ziggy Stardust n’est pas loin : « Pour moi, monter sur scène, ce n’est pas anodin. C’est se lancer un défi à soi-même. On doit mettre ses peurs et ses doutes de côté. Enfiler un costume, ça aide à assumer un caractère, un rôle. Moi, ça m’aide beaucoup. C’est un peu un rituel : le maquillage avant le spectacle. Je ne pense pas que je devienne quelqu’un d’autre, mais je ne me donne plus le choix de baisser les bras ou de m’affaiblir. Je dois assumer qui je suis. Je deviens une version de moi-même que j’aime, qui est capable d’affronter les gens, d’aller au-delà de ses peurs. Pour le public, ce n’est pas agréable de se retrouver face à un artiste qui s’excuse d’être là. Mais en même temps, c’est vrai que ça peut être beau de voir la vulnérabilité de quelqu’un… »
Les deux disques ont été enregistrés à l’ancienne, avec tous les musiciens qui jouent en même temps, en direct : « Ça laisse place à l’erreur, on ne cherche pas à l’effacer, on joue avec elle, on l’accueille… ». Et il cultive sans doute le goût du risque, pour aller toujours plus loin.
Son spectacle pourrait vous en convaincre.
Lumière
28 octobre 2023 à 21 h
Le 164, Lounge
Admission générale, 18 ans et +
Photo JF Sauvé
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h