19/10/2023
19/10/2023
Par Francis Hébert.
Le Torontois Jesse Cook trimballe sa guitare sur les scènes du monde depuis une trentaine d’années. Fondamentalement flamenco, il tâte aussi du jazz, du classique, et ne dédaigne pas non plus se transformer en guitariste électrique de temps en temps.
Jesse Cook fait environ 90 concerts par année, surtout au Canada, aux États-Unis et au Québec, un endroit qui lui est cher : « L’an passé, nous avons joué à Montréal et à Québec, et maintenant on fait les plus petites villes. J’adore les tournées comme ça. Quand on est aux États-Unis, mes musiciens et moi utilisons un autobus pour aller d’un endroit à l’autre, avec chaque nuit une nouvelle ville. Nous ne pouvons expérimenter la culture locale. Alors que pour la tournée québécoise, on prend de petits appartements à Montréal, on y reste deux ou trois semaines. On fait notre spectacle, on mange dans un bon resto de la ville, puis on rentre chaque soir à Montréal. On a un camion pour l’équipement, mais nous les musiciens, nous avons un mini-van. Comme ça, je me lève le lendemain et je peux prendre un cappuccino dans le même café. Je peux m’imaginer comment c’est d’être Montréalais ou Québécois. »
Cook s’exprime dans un français hésitant mais courtois, il prend la peine de demander si nous faisons une entrevue pour un média écrit ou parlé. Il craint de mal se faire comprendre. Depuis trois décennies, il s’exprime avec ses notes, une langue universelle : « Quand j’avais deux ans, avec ma famille, nous avons passé six mois à Barcelone. Je n’ai aucun souvenir de ça, mais ma mère m’a dit que j’avais déjà une petite guitare et que je chantais Guantanamera ! Ce n’était probablement pas vraiment jouer, juste frapper sur les cordes ! Quelques années plus tard, quand nous sommes arrivés au Canada, ma mère a cherché un professeur pour m’apprendre l’instrument. Il lui a conseillé de commencer l’apprentissage immédiatement. À six ans, j’ai commencé mes études à l’académie de guitare de Toronto. » Ensuite, il perfectionne ses gammes à Boston, à Paris… Il fait régulièrement des séjours en France.
Même si c’est un grand amateur de guitare flamenco, il ne se sent pas Espagnol pour autant, et ne partage pas nécessairement la culture de l’Espagne : « Si vous voulez être un guitariste flamenco, il vaut mieux habiter là-bas, peut-être même toute votre vie, rigole-t-il. Moi je joue avec un accent ! Mes héros, ce sont des guitaristes flamencos, comme Paco de Lucia. Moi, je cherche à faire autre chose, je vis ici au Canada. Je cherche à m’exprimer différemment, avec mon expérience, ma sensibilité musicale. »
En 2021, le musicien faisait paraitre l’album Libre dans lequel il quitte les rivages du flamenco, du jazz et de la musique classique pour explorer d’autres territoires : « Je l’ai fait pendant la pandémie. Ma fille m’a fait écouter de la musique trap, qui se fait avec un drum-machine des années 80, mais très populaire dans le rap, la pop… J’ai aussi découvert le groupe Blackpink, qui fait dans le trap et l’oriental. J’ai mélangé ça avec le flamenco, la rumba flamenca. J’ai fait des expériences avec ça dans mon studio chez moi. »
Pour sa tournée actuelle, Jesse Cook promet un mélange de ses différents albums et styles. Il ne veut pas se cantonner. Ils seront cinq sur scène où retentiront guitares, violon algérien, mandoline, basse, batterie et percussions jouées par un Péruvien… Cook apprécie la joie de vivre et de danser qu’il associe au Québec. Il offre toujours une large part à l’improvisation, une « conversation entre les musiciens ». Son cappuccino du lendemain doit en être encore plus savoureux.
Jesse Cook
12 novembre 2023 à 15 h 30
Salle Desjardins
Théâtre des Deux Rives
Photo Matt Barnes
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h