09/06/2026
09/06/2026
Un jeudi soir d’été, sur une place publique, des gens s’arrêtent sans avoir prévu de le faire. Une musique attire, une scène apparait, des visages se tournent. Il suffit de quelques minutes pour qu'un passant devienne spectateur.
Il y a un mot qui s’est imposé tranquillement dans le vocabulaire municipal au cours des dernières décennies : infrastructure. On l’a longtemps réservé aux routes, aux ponts, aux aqueducs, à ce qui se construit, à ce qui dure, à ce sur quoi on peut compter pour qu’une ville fonctionne. Aujourd’hui, dans nos régions, une nouvelle infrastructure s’est ajoutée à la liste, plus discrète mais tout aussi essentielle : la culture.
Saint-Jean-sur-Richelieu nous a confié l’animation culturelle de ses espaces publics estivaux. Chambly a fait de même au parc des Ateliers et à la Place de la Seigneurie. La Prairie nous demande chaque été de bâtir la programmation des Jeudis du Vieux-La Prairie. Venise-en-Québec, en collaboration avec la S.I.T.E. du lac Champlain, nous confie pour une cinquième saison consécutive la programmation de la salle Jacques Landry. Cet automne s’ajoutera le Festival interculturel cinéma et musique du monde, obtenu par appel de projets de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, en partenariat avec L’ANCRE.
Quatre municipalités, autant de mandats. À chacune sa réalité, à chacune sa scène, à chacune son public. Une ville centre de 100 000 habitants, une cité où nature et histoire se rejoignent au pied d’un fort, une municipalité patrimoniale aux portes de la métropole, un village de villégiature face au lac Champlain.
Ce qu’elles ont en commun, c’est d’avoir reconnu que la culture mérite d’être traitée avec le même sérieux qu’un parc, qu’une bibliothèque ou qu’un réseau cyclable : comme un service essentiel. C’est une lecture relativement nouvelle de ce qu’est un diffuseur, et elle transforme profondément notre manière d’occuper le territoire.
Ce que ce changement signifie pour vous, lecteurs de l’Entracte, c’est que la rencontre avec un spectacle n’a plus besoin de tenir entièrement dans un billet à acheter. Elle peut prendre forme dans une promenade au pied de l’église de la Nativité un jeudi soir. Dans un détour par le parc Honoré-Mercier, à l’heure de l’apéro. Dans une soirée au parc des Ateliers, avec le bassin de Chambly en toile de fond. Dans une fin de journée au lac Champlain qui se prolonge à la salle Jacques Landry. Dans une nuit d’octobre où le Vieux-Saint-Jean devient lumineux.
Elle peut aussi tenir, bien sûr, dans un fauteuil de la salle Desjardins, de la salle Emma Albani ou du Cabaret Théâtre du Vieux Saint Jean, parce que ces salles où nous programmons demeurent au cœur de ce que nous sommes et que c’est là que nous avons appris à faire ce métier.
Cette manière d’occuper le territoire ne se déploie pas seule. Elle prend forme grâce à une équipe qui, dans l’ombre comme sur les places publiques, fait circuler les idées, les artistes, les publics : programmation, médiation artistique, billetterie, technique, communication et accueil. Elle repose aussi sur des partenaires fidèles et sur des collaborations, comme celle avec L’ANCRE, qui enrichissent notre capacité d’agir.
Une infrastructure culturelle, en fait, ce n’est pas une construction. C’est une organisation qui répond « présente » quand on l’appelle, qui s’adapte à chaque milieu, et qui finit par exister parce qu’un public lui donne raison d’être. Vous êtes ce public.
Cet été, nous vous proposons soixante-quinze jours d’activités à travers quatre villes. À vous de tracer votre saison. C’est comme ça qu’une infrastructure se bâtit : un usage à la fois.
Bon été. Et au plaisir de vous croiser, en salle ou dehors.
Isabelle Laramée
Directrice générale et artistique
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h
☼ Horaire estival 25 juin au 23 août 2026 ☼
Du mercredi au samedi de 12 h à 17 h