17/09/2025
17/09/2025
Par Francis Hébert. Breen LeBoeuf reprend sa basse et son micro pour présenter un spectacle hommage à son groupe de toujours, Offenbach. Cette fois-ci, il ose s’emparer des morceaux qu’on avait l’habitude d’entendre interpréter par Boulet : « Gerry me chante dans l’oreille », nous confie-t-il bellement durant l’entrevue à propos du fantôme ami, qui le hante mais qu’il aime.
« Ma vie, c’est une série de snapshots », lance mystérieusement LeBoeuf au téléphone. Vrai qu’elle a été fulgurante, avec les succès de la bande fondée par Gerry Boulet, qu’il a rapidement rejoint. On imagine très bien les tournées rocambolesques, faites d’excès en tous genres. Pourtant, à 76 ans, le Franco-ontarien est toujours là, avec une folle envie de poursuivre la route, « avec comme paye de voir les spectateurs souriants et heureux en sortant de la salle ». À Saint-Jean, il sera accompagné par le guitariste Réjean Lachance, le claviériste et saxophoniste Pierre Beauregard et à la batterie par Marc Brodeur. Breen s’offrant enfin l’essentiel du chant, les chœurs mis à part.
En intitulant le spectacle Mes blues passent pu dans’ porte, LeBoeuf place ce poignant et inusable succès au cœur de la soirée, et se remet de l’avant par la même occasion, puisqu’il était LA voix qui a porté et enflammé ces vers. Petit retour sur la grande Histoire du rock au Québec : « J’ai commencé avec Offenbach en 1978, il y avait beaucoup de choses qui se passaient : des changements dans les membres du groupe, un nouvel album en préparation, une nouvelle maison de disques… C’était une période de changements radicaux parmi nous, mais en même temps, il y avait beaucoup d’énergie. Ça a attiré vers nous du bon monde, dont Pierre Huet », (parolier pour Beau Dommage à l’époque).
Nous sommes en 1978. Le 33 tours Traversion s’apprête à naitre. Dessus, il y a huit textes de Pierre Huet, dont Deux autres bières ; Je chante comme un coyote ; J’ai l’rock n’roll pis toé, Les eaux qui dorment ; des chansons que LeBoeuf cite volontiers au cours de l’entretien et qui devraient toutes se retrouver dans le spectacle. L’opus a récemment été réédité en vinyle et est disponible sur certaines plateformes numériques.
« En arrivant dans le groupe comme bassiste, j’avais dit à Gerry que j’aimerais aussi chanter une chanson de temps en temps, sinon je deviendrais marabout. Il me comprenait et c’est un homme de parole dans ces situations-là. Pierre Huet a présenté le texte de Mes blues à Gerry qui le trouvait intéressant. Il l’a gardé. Un après-midi, Gerry m’appelle, il me dit qu’il a un nouveau piano, qu’on va l’essayer sur ce texte-là. Je suis allé chez lui, on s’est assis au piano. Gerry avait déjà composé l’intro, nous avions discuté du texte, de son rythme naturel. Les temps forts de la musique tombaient parfaitement sur les mots importants. On a commencé à chanter ensemble, il n’y avait pas de pont musical composé. En maximum une demi-heure, le temps d’une bière et demie, la chanson était terminée ! » Breen avait son morceau à lui, signé Huet, Boulet, LeBoeuf. Près d’un demi-siècle plus tard, ça résonne encore dans le cœur des Québécois. Comme un snapshot.
Breen LeBoeuf
10 octobre 2025 à 20 h
Cabaret-Théâtre du Vieux Saint-Jean
Places réservées
Photo Charlene Lavigne
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h