02/02/2026
02/02/2026
Par Francis Hébert. Le nouveau spectacle d’Ariane Moffatt se termine en transe, aux rythmes de la danse. C’est ainsi qu’elle le souhaite, comme une catharsis, à l’image de ses récentes chansons. Ça bouge, ça secoue, ça stimule.
Il est loin le temps où Ariane Moffatt débutait dans le métier, où elle arrivait avec ses chansons plus introspectives, interrogatives. À l’époque, il y a presque un quart de siècle, elle accompagnait Daniel Bélanger sur scène, et l’influence de son merveilleux opus électro-pop Rêver mieux se faisait sentir. Retour en 2005 et son deuxième disque, Le cœur dans la tête : « Après le succès du premier, Aquanaute, il fallait savoir comment rebondir, comment exister comme un artiste qui reste, qui ne s’en va pas, et qui doit en refaire un autre. J’avais trouvé ça tough, le deuxième. Mais ça a été la consolidation, j’avais remporté le Félix, je crois, Interprète féminine, ensuite la Chanson de l’année avec Je veux tout, sur le disque suivant. »
Voir Ariane Moffatt
Ces premières expériences lui ouvrent des portes du milieu musical, mais aussi sur elle-même : « J’étais au début de ma vie d’adulte, c’était super intense, avec des épisodes plus à fleur de peau, avec des moments déprimés, d’autres joyeux. Ça suit le fil de mon développement humain. Je voulais écrire ce que je vivais et utiliser l’art comme catharsis. Je voulais faire ça dans la vie, être une artiste, mais sans savoir vraiment ce que ça impliquait. C’est ce qui était beau dans ces débuts, c’était décomplexé, naïf. »
Ses premières œuvres ont rejoint la génération d’aujourd’hui, qui dit s’être inspirée d’elle : les Ariane Roy ou Lou-Adriane Cassidy se réclament d’elle – et le rappeur québécois Loud vient justement de lui demander (et d’obtenir !) une collaboration ! Moffatt a une tendresse pour elles, comme pour des sœurs. Elle marche à plein dans le mouvement des femmes. Elle s’émerveille aussi de réaliser actuellement un disque pour Charlie Rivard, une nouvelle chanteuse, dont toutes les intervenantes sont des femmes. « Ça sera un mélange de rock et de folk intimiste avec des cordes et des cuivres », promet-elle. Une partie a été enregistrée dans son propre studio de Montréal.
Mais pour l’heure, place à sa nouvelle tournée. Ariane a demandé à la femme de théâtre Julie Basse de faire la mise en scène, dans des décors plus légers. Si la chanteuse n’oublie pas ses anciens succès, elle se tourne maintenant vers quelque chose de plus festif. « Les spectacles finissent en piste de danse, mais ça se promène dans toutes les zones de mon univers artistique. On a commencé la tournée par les festivals, alors ça brassait davantage avec le dernier album, Airs de jeux : la dance 90s, avec une section rythmique et des claviers. On est quatre sur scène. C’est un plaisir de retrouver le carré de sable ensemble, après ma tournée précédente Incarnat qui était en solo et introspective. Cette fois-ci, je me donne à souhait dans des envolées électros. On prend en charge le cœur des gens pour qu’il batte au même rythme. On prend en main les spectateurs pour qu’ils se lâchent », lance-t-elle dans un petit rire que l’on a appris à reconnaître depuis plus de deux décennies. Son art est toujours cathartique, mais de manière différente. Entrez dans la danse.
Ariane Moffatt
14 mars 2026 | 20 h
Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean
Places réservées
30, boulevard du Séminaire N.,
Saint-Jean-sur-Richelieu, QC
J3B 5J4
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h