Boucar Diouf

Prochain(s) spectacle(s)


Boucar Diouf

7 octobre 2017 08:00 PM

Boucar Diouf

6 octobre 2018 08:00 PM

Biographie de Boucar Diouf

Je suis le sixième d'une famille de 9 enfants : six garçons et trois filles. Ma mère s'appelle N'Dew Diouf et mon père, Amath Diouf. Je suis né et j’ai grandi dans la province du Sine, le fief de l’ethnie sérère au Sénégal. Traditionnellement, les Sérères sont des éleveurs de zébus et des cultivateurs d’arachides. Si, aujourd’hui, j’ai fait des études supérieures, ce n’est pas parce que je voulais devenir chercheur, mais plutôt parce que je voulais me donner toutes les chances de ne pas cultiver des arachides. En effet, comme on dit au Québec, cultiver des arachides, c’est travailler pour des « peanuts ».

Mon père et ma mère ne sont jamais allés à l’école, mais mon père avait son truc pour nous intéresser aux études. Il nous faisait tellement travailler dans les champs d’arachides que l’ouverture des classes nous semblait être le début des grandes vacances. Quand Papa était content, il nous disait : « Travaillez bien à l’école les enfants, un homme a besoin de se cultiver. » Et, quand ça ne faisait pas son affaire, il ne se gênait pas non plus pour nous dire : « Je n’ai rien contre l’école, mais les champs ont besoin d’être cultivés. » Et on repartait se taper deux heures de travaux champêtres avant le souper. Cependant, même si papa ne savait pas lire, il disait souvent que les illettrés étaient les aveugles des temps modernes et qu'il ne voulait pas, de son vivant, voir son fils ou sa fille souffrir de ce handicap.

Dans notre maison familiale, les animaux (moutons, zébus, ânes, chèvres, poules, chevaux) ont toujours côtoyé les humains. Le veau dans la chambre, l'âne dans la cuisine, les poules sous le lit sont des scènes de vie presque anodines chez les Diouf. Jusqu'à l'âge de 15 ans, j'étais berger. Je parcourais la savane pendant la saison des pluies avec les animaux à la recherche de pâturages. Cette vie de berger durait jusqu'à l'ouverture des classes et, même après la reprise des cours, je reprenais le bâton de berger pendant les jours de congé. Les rapports entre les Sérères et leurs vaches sont proches de l'adoration. Le zébu est un «dieu au museau humide », un animal qu'on ne tue que pour célébrer un mariage ou des funérailles, mais dont la bouse est très prisée comme fertilisant. De temps en temps, les hyènes faisaient une irruption nocturne dans les troupeaux et le carnage était difficile à supporter le lendemain. Aussi, pour protéger les animaux, on était parfois obligé de passer la nuit à côté des troupeaux.

Aujourd'hui, même si la plupart des Sérères se réclament de la religion musulmane, leur culture renferme une forte dose d'animisme. Les Sérères croient profondément à la sorcellerie et aux forces de la nature. Ils pratiquent aussi les rituels de chasse, les danses de la pluie, le totémisme, la circoncision et l'initiation des jeunes garçons. De tous les enseignements que j'ai reçus pendant mon initiation, le plus important reste le répertoire de chansons initiatiques du pays des Sérères : des chansons dont certaines trouvent leur origine dans la fondation du pays. Aujourd’hui, même loin de mon pays et de la culture des miens, je perpétue cette tradition sur les rives du Saint-Laurent. Il m'arrive même d'enseigner une de ces chansons aux enfants du Bas-du-Fleuve lors de mes passages dans les écoles.

De la savane à la neige

Avant de venir au Canada, j’ai fait une maîtrise et une attestation d'études approfondies à la faculté de sciences de l'université de Dakar. Par la suite, j’ai obtenu une bourse pour faire un doctorat en océanographie au Québec. Je n'étais pas le premier à quitter la famille pour les pays froids : mon frère N'dane a fait son diplôme d'ingénieur en Tchécoslovaquie et un troisième cycle en Belgique. Avant mon départ, j'ai eu une semaine de cours intensifs sur le choc culturel et l'adaptation à la culture québécoise. Par contre, on avait omis de me parler du choc thermique. C'est ce que j'ai compris lorsque j'ai découvert l’hiver du Québec en robe africaine.

Un doctorat sur les adaptations au froid des poissons

Après avoir connu le choc thermique, j'ai commencé à me poser des questions sur l'hiver. Et plus je lisais sur le sujet, plus je m'intéressais à la physiologie de la résistance au froid chez les ectothermes. Finalement, j’ai décidé de faire ma thèse de doctorat sur les adaptations au froid chez les poissons. C'est après avoir soutenu ma thèse, cinq ans plus tard, que je me suis posé la question fatale : « Qu'est-ce que tu vas faire avec une telle spécialisation au Sénégal où il fait quarante degrés à l'ombre ? »

- Boucar Diouf

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

04/18/2017

« Mes trois sœurs et moi avons assisté au spectacle du 14 avril de Boucar Diouf au Théâtre du Vieux-Saint-Jean. Cela faisait partie du cadeau d'anniversaire de l'une d'elles, Chantal, mais ce fut un cadeau pour nous toutes. Quel bonheur! Nous avons adoré chaque moment de cette rencontre. Boucar, nous l'aimions déjà grâce aux Boucardises et à Océania, alors pour nous ça été comme la cerise sur le sundae! Et quel plaisir de pouvoir converser avec lui et lui serrer la main après le spectacle! Quel bel être humain! Merci Boucar. »

Huguette Pilon

04/17/2017

« Nous avons très apprécié le spectacle; il ne nous fait pas seulement rire mais réfléchir aussi....nous le recommandons.... »

Lucie Vigneault

04/16/2017

« Nous avons passé une très belle soirée. Le mélange d'humour, de jeux de mots savoureux avec en sourdine un message plus sérieux sur l'environnement et le fleuve St-Laurent est bien dosé et nous fait réfléchir.À recommander! (oups je voulais mettre 5 étoiles pas seulement une!) »

Carole Fournier Verenka

04/16/2017

« Nous avons beaucoup apprécié notre spectacle. Quel conteur!!!! »

chantal grégoire

04/15/2017

« Nous avons passé une très belle soirée avec toi Je t'envoie une joke que j'espère tu racontrera dans tes spectacles et qui ne te choqueras pas . C'est une famille de noir qui est arrivé depuis quelque temps au Québec l'enfant de cette famille était très tannant cette journée la , la mère qui était à bout dit à son enfant. Ok prend tes patins et va à l'arrenna patiner , L'enfant revient quelque minutes plus en pleurant Sa mère lui demande pourquoi pleure tu l'enfant regarde sa mère et lui dit ( sur la porte de l'arèna il est écrit ) PATINOIRE Merci et sans rancune »

Laurier Lapré

04/15/2017

« C'est excellent! Humour intelligent. Très bonne soirée. »

Line Daigneault

04/15/2017

« Une excellente rencontre avec un grand voyageur venu de la mer nous rencontrer son amour de cette merveille qui nous berce. »

Martial St-Amour

04/15/2017

« Extraordinaire spectacle. C'est le 3e que nous voyons de Boucar et il est encore meilleur à chaque fois. »

Christiane H

04/15/2017

« Humoriste, philosophe, historien, biologiste, poete, Boucar Diouf est très inspirant ce spectacle! Réflexions sur la différence, la culture, la langue, écologie, la vie...toujours apportées avec humour et bonté. Merci pour l'excellente soirée ! »

Julie Dupont Lebel

04/15/2017

« Très bon spectacle. Il n'y a que lui pour nous faire réfléchir de cette façon tout en nous divertissant. Je suis enchantée et ravie de cette soirée. »

Francine Labranche

Afficher tous les commentaires