Boucar Diouf

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Boucar Diouf

6 octobre 2018 08:00 PM

Biographie de Boucar Diouf

Je suis le sixième d'une famille de 9 enfants : six garçons et trois filles. Ma mère s'appelle N'Dew Diouf et mon père, Amath Diouf. Je suis né et j’ai grandi dans la province du Sine, le fief de l’ethnie sérère au Sénégal. Traditionnellement, les Sérères sont des éleveurs de zébus et des cultivateurs d’arachides. Si, aujourd’hui, j’ai fait des études supérieures, ce n’est pas parce que je voulais devenir chercheur, mais plutôt parce que je voulais me donner toutes les chances de ne pas cultiver des arachides. En effet, comme on dit au Québec, cultiver des arachides, c’est travailler pour des « peanuts ».

Mon père et ma mère ne sont jamais allés à l’école, mais mon père avait son truc pour nous intéresser aux études. Il nous faisait tellement travailler dans les champs d’arachides que l’ouverture des classes nous semblait être le début des grandes vacances. Quand Papa était content, il nous disait : « Travaillez bien à l’école les enfants, un homme a besoin de se cultiver. » Et, quand ça ne faisait pas son affaire, il ne se gênait pas non plus pour nous dire : « Je n’ai rien contre l’école, mais les champs ont besoin d’être cultivés. » Et on repartait se taper deux heures de travaux champêtres avant le souper. Cependant, même si papa ne savait pas lire, il disait souvent que les illettrés étaient les aveugles des temps modernes et qu'il ne voulait pas, de son vivant, voir son fils ou sa fille souffrir de ce handicap.

Dans notre maison familiale, les animaux (moutons, zébus, ânes, chèvres, poules, chevaux) ont toujours côtoyé les humains. Le veau dans la chambre, l'âne dans la cuisine, les poules sous le lit sont des scènes de vie presque anodines chez les Diouf. Jusqu'à l'âge de 15 ans, j'étais berger. Je parcourais la savane pendant la saison des pluies avec les animaux à la recherche de pâturages. Cette vie de berger durait jusqu'à l'ouverture des classes et, même après la reprise des cours, je reprenais le bâton de berger pendant les jours de congé. Les rapports entre les Sérères et leurs vaches sont proches de l'adoration. Le zébu est un «dieu au museau humide », un animal qu'on ne tue que pour célébrer un mariage ou des funérailles, mais dont la bouse est très prisée comme fertilisant. De temps en temps, les hyènes faisaient une irruption nocturne dans les troupeaux et le carnage était difficile à supporter le lendemain. Aussi, pour protéger les animaux, on était parfois obligé de passer la nuit à côté des troupeaux.

Aujourd'hui, même si la plupart des Sérères se réclament de la religion musulmane, leur culture renferme une forte dose d'animisme. Les Sérères croient profondément à la sorcellerie et aux forces de la nature. Ils pratiquent aussi les rituels de chasse, les danses de la pluie, le totémisme, la circoncision et l'initiation des jeunes garçons. De tous les enseignements que j'ai reçus pendant mon initiation, le plus important reste le répertoire de chansons initiatiques du pays des Sérères : des chansons dont certaines trouvent leur origine dans la fondation du pays. Aujourd’hui, même loin de mon pays et de la culture des miens, je perpétue cette tradition sur les rives du Saint-Laurent. Il m'arrive même d'enseigner une de ces chansons aux enfants du Bas-du-Fleuve lors de mes passages dans les écoles.

De la savane à la neige

Avant de venir au Canada, j’ai fait une maîtrise et une attestation d'études approfondies à la faculté de sciences de l'université de Dakar. Par la suite, j’ai obtenu une bourse pour faire un doctorat en océanographie au Québec. Je n'étais pas le premier à quitter la famille pour les pays froids : mon frère N'dane a fait son diplôme d'ingénieur en Tchécoslovaquie et un troisième cycle en Belgique. Avant mon départ, j'ai eu une semaine de cours intensifs sur le choc culturel et l'adaptation à la culture québécoise. Par contre, on avait omis de me parler du choc thermique. C'est ce que j'ai compris lorsque j'ai découvert l’hiver du Québec en robe africaine.

Un doctorat sur les adaptations au froid des poissons

Après avoir connu le choc thermique, j'ai commencé à me poser des questions sur l'hiver. Et plus je lisais sur le sujet, plus je m'intéressais à la physiologie de la résistance au froid chez les ectothermes. Finalement, j’ai décidé de faire ma thèse de doctorat sur les adaptations au froid chez les poissons. C'est après avoir soutenu ma thèse, cinq ans plus tard, que je me suis posé la question fatale : « Qu'est-ce que tu vas faire avec une telle spécialisation au Sénégal où il fait quarante degrés à l'ombre ? »

- Boucar Diouf

 

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10/09/2017

« Spectacle de très grande qualité. J'ai adoré. Boucar nous montre à quel point il a intégré notre culture. Non seulement il comprend bien notre réalité, histoire et culture québécoise mais il est capable de nous faire rire, de nous émouvoir et de nous faire une petite chanson en quelques minutes. Le grand Yvon Deschamps est le seul que je me souviens avoir vu pouvoir nous atteindre un peu de la même façon : humour, émotion et chanson. Quelle belle soirée nous avons passé. On sent dans toute l'émotion via son excellent sens de l'humour, ses clins d'œil sur notre géographie et notre culture, sa belle humilité, sa fragilité, sa tendresse, son amour de notre pays. Il s'agit vraiment d'un spectacle À VOIR. Je ne sais pas si un spectacle du genre est "exportable" mais le cas échéant, Boucar serait de loin, l'un des plus grands ambassadeurs que le Québec pourrait avoir. Wow. Wow et re-wow!!! Sincères félicitations Boucar. Tu nous permets de mieux comprendre et d'apprécier tous les avantages liés à notre ouverture sur le monde et aux avantages liés à ce beau métissage. Continue de nous émouvoir et de nous faire rire. Je te donne un 10/10 !!! Bravo. »

Eric Banville

10/09/2017

« J'aurai aimé y allé, mais j'avais perdu mon billet. Une prochaine fois.... »

Joanne Mc Alpin

10/09/2017

« Nous avons beaucoup aimé ce spectacle. L'intelligence de cet humoriste est bondée de fraîcheur, des textes vraiment imprégnés de connaissances faciles à saisir, comprendre. Il y a un genre d'enseignement et nous apprenons l'histoire de notre fleuve St-Laurent, c'est présenté sous forme d'éducation pour le respect de l'eau. Les blagues et jeux de mots sont nombreux et agréables à entendre. Boucar est doué et nous lui souhaitons bonne chance avec toute notre affection. On pense offrir des billets à nos enfants ou petits--enfants. »

Jacques Guilbault

10/09/2017

« Super spectacle, bravo pour nous faire vivre de si beaux moments. Et que dire de la salle qui tout en étant intime, nous permet de voir un artiste de près et de ressentir ses émotions. Merci, »

Lynda Roy

10/09/2017

« Nous avons passé une très belle soirée au Cabaret théâtre (première fois). Nous aimerions revoir Boucar Diouf en spectacle !!! Son humour est rassembleur !!! »

Rémi Blanchard

10/08/2017

« Excellent spectacle et surtout un merveilleux cours sur notre histoire et notre environnement. Un humour subtil et à la fois simple qui représente bien le québécois! Bravo »

Benoit Marcil

10/08/2017

« Magnifique soirée Quel être extraordinaire que ce Boucar »

Lorraine O`Cain

10/08/2017

« Que dire? Drôle, éloquent, sensible et là pour nous sensibiliser comme juste Boucar peut le faire de son verbe coloré. Incontournable! »

Annie Morneau

10/08/2017

« Que dire du spectacle de Boucar Diouf... WOW!!! Toujours aussi intelligent et drôle à la fois. Il réussi à nous faire réfléchir sur de grandes questions de notre temps comme le réchauffement climatique en toute simplicité et tellement de vérité. Le café-théâtre est l'endroit parfait pour un spectacle intime. Il a pris le temps de nous parler, de répondre à des questions et de nous offrir un extrait de son tout premier spectacle en fin de soirée. Merci beaucoup Boucar pour un beau moment! »

Jocelyne Marois

10/08/2017

« Bonjour, Boucar a un humour intelligent. Il nous fait voir les québécois par sa fenêtre sans nous juger, sans critiquer. Il nous fait constater nos revers et nos travers d'une façon très sympathique. J'ai toujours détesté l'histoire et la géographie parce que cela faisait uniquement appel à ma mémoire et je n'ai jamais eu une bonne mémoire. Quand j'entends Boucar dire "Quand Jacques Cartier est arrivé devant un tel il était nerveux là ...". Je pense que de cette façon, avec plusieurs soirs d'histoires avec Boucar, je finirais par savoir où est Drummondville et c'est quoi la différence entre Jacques Cartier et Champlain. Avec lui j'ai envie de renouer avec l'histoire et la géographie. Nous avons passé une excellente soirée ! Nous avons adoré ! Je prédis un "malheur" a ce spectacle au Québec ! Boucar va comprendre ce que je veux dire ... :) Au plaisir et bonne chance Marjolie »

BEAULÉ

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