Vox Sambou : hip-hop métissé

Par Francis Hébert. Le Montréalais d’adoption Vox Sambou métisse les styles musicaux et les langues afin de revigorer et de renouveler le hip-hop. Musiques du monde, voyages, rencontres, le fondateur du groupe Nomadic Massive privilégie l’humain avant tout.

Au civil, il s’appelle Robints Paul, né en Haïti : « J’ai découvert la musique au fur et à mesure. Au commencement, c’était toujours ma maman qui chantait des chansons traditionnelles haïtiennes. Elle chante toujours, en train de nettoyer… Puis j’ai eu le privilège, à Montréal, de rencontrer des gens d’à travers le monde, ça m’a influencé, ça a ouvert ma pensée, mes horizons. Je pige un peu partout. C’est un partage. Au Québec, j’ai été touché par Ariane Moffatt, on a fait une collaboration ensemble. Ensuite, j’ai commencé à écouter Pierre Lapointe. » Ça se mélange à ses influences reggae, hip-hop…

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Il a pas mal voyagé, Vox Sambou (c’est-à-dire sans bout, sans frontières). Pour des études (Winnipeg, Ottawa) ou pour des spectacles (Afrique, Europe, États-Unis...). Son dernier album original remonte déjà à quelques années et porte bien son nom The Brasil Session. Pour le concevoir, l’artiste est allé sur place. Il a suivi des cours de portugais. Dans sa musique, il alterne aussi entre le créole, le français, l’anglais, l’espagnol : « J’ai appris ces langues à force de voyager, au Canada, à Cuba, en Amérique latine, au Brésil, tu rencontres des amis qui deviennent la famille. Ça te pousse à apprendre. C’est comme pour mon processus de création : je ne bloque pas, je laisse les choses s’exprimer. Puis, il m’arrive de traduire dans une autre langue. J’essaie que ça soit le plus authentique possible à mon cœur. Mais je chante beaucoup plus en créole haïtien. »

Sambou a étudié et travaillé comme intervenant social. Aujourd’hui, il est essentiellement chanteur et a fait de Montréal son port d’attache. Il ne joue pas d’instrument de musique, mais c’est lui qui crée ses morceaux : « J’arrive avec une idée. Par exemple, dans ma tête, j’entends un afro-beat. J’appelle mon batteur et on travaille là-dessus. Dès qu’on a la base, on enregistre et on l’envoie à mon pianiste. C’est toujours la musique qui vient en premier. Ensuite, j’écris le texte. »

D’ici quelques mois, Sambou espère pouvoir se rendre à Dakar, en Afrique, pour travailler sur un nouveau disque avec des gens de là-bas. Il y était déjà allé en 2011 : « On avait été invité par le consulat du Canada pour faire des ateliers avec des jeunes de la rue au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso. Et en même temps, on était avec des musiciens de chacun des pays, et on faisait des concerts dans les centres culturels. Ça nous donnait le sens de la communauté et ça nous permettait aussi de faire notre art. C’est le côté humain qui m’intéresse. Au début, tu voyages pour la musique, puis tu crées des liens. »

Pour le spectacle à Saint-Jean, il sera avec son groupe de musiciens, mais réduit à cinq au lieu de huit : « On va tester de nouvelles chansons. Depuis la Covid, on n’a pas joué beaucoup. On fait également des morceaux de mes musiciens, comme mon bassiste, qui chante aussi. » La danse et la fête n’ont pas dit leur dernier mot, en attendant de reprendre la route.

Cette entrevue à initialement été publiée dans le magazine l'Entracte de la SPEC du Haut-Richelieu - édition mars 2021.

Vox Sambou
Webdiffusion en direct : 18 février 2021 à 18 h
Disponible en reidfusion jusqu'au 25 février 2021

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