Tire le coyote : l’équilibriste

Par Francis Hébert

Plus les années filent, plus Tire le coyote s’impose sur la scène musicale québécoise. On entend ses chansons dans des téléséries (Les beaux malaises et Demain des hommes), Guy A. Lepage l’invite sur le plateau de Tout le monde en parle. Son quatrième opus original, Désherbage, a séduit la critique et s’est hissé au sommet des ventes, décrochant au passage le Félix de l’Album folk 2018. Et le bouche-à-oreille continue son travail : le public s’élargit, se diversifie. Ceux qui aimaient son folk-country sont rejoints par les mélomanes rock. Au bout du fil, Benoît Pinette, l’homme derrière le chanteur, semble assez serein.

Signée Guillaume Vigneault, une série est diffusée à Radio-Canada : Demain des hommes qui se déroule dans le monde du hockey junior. Dès le début, on entend quelques notes de musique. Cet air nous est familier. Le générique suit : on entend chanter Tire le coyote ! Et ce sera ainsi tout au long de la première saison. Les chansons de Tire accompagnent les images et prennent une autre dimension : « Je ne le savais pas, mais le réalisateur Yves Christian Fournier est un fan et a tous mes albums. Et comme la série se passe dans un milieu ouvrier, dans une petite ville, il trouvait que ma musique enracinée dans le folk cadrait dans cette ambiance-là. Il a tourné la série et c’est à la toute fin qu’il a fait des tests avec des chansons. Les acteurs ont joué leurs scènes sans musique. Les producteurs ont fini par acheter les droits de six ou sept tounes. Par la suite, on m’a demandé de composer des segments musicaux de trente secondes ou une minute. Je recevais les images et on me disait ce dont on avait besoin. Je l’ai fait en collaboration avec un autre compositeur, Patrick Lavoie. »

Les personnages baignent donc dans son univers, et les téléspectateurs s’acclimatent peu à peu aux chansons des deux derniers albums. Si Désherbage connait un excellent accueil, le précédent, Panorama, frappait très fort au cœur des amateurs de folk-country acoustique, avec des chansons à la fois poignantes et mystérieuses : « J’écris en étant assez précis pour que ça puisse parler à l’auditeur, mais j’aime aussi la poésie, l’abstrait, le flou, afin qu’on puisse faire notre propre interprétation de la chose. Je cherche l’équilibre entre les deux. »

Voir Tire le coyote

Tire le coyote
1er novembre 2019 à 20 h
Salle de spectacle du Pôle culturel de Chamblty
Places réservées

 

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