Ramon Chicharron : rêves et grandes vibrations musicales

Par François Marchesseault. Les musiques de Ramon Chicharron mélangent la cumbia de sa Colombie natale avec les rythmes des Caraïbes. Musiques auxquelles MC Boogát, réalisateur de Pescador de sueños, son plus récent album, a ajouté une touche d’électro. Des musiques festives, remplies de soleil et sur lesquelles Ramon chante, en espagnol, des textes où il espère un monde meilleur.

Une chose me frappe dès les premiers mots qu’échange Ramon avec moi : le sourire constant dans sa voix. À l’image de ses musiques, le musicien exhale le bonheur et la joie de vivre, tout en étant lucide. Dans ses chansons, une forme de dualité se joue entre ses musiques ensoleillées et ses textes à portée sociale : « C’est spécial de pouvoir faire ça en tant que musicien. De pouvoir passer ses messages avec des rythmes et de la musique qui nous font bouger. »

Voir le spectacle en webdiffusion de Ramon Chicharron

Pescador de sueños signifie pêcheur de rêves. Et le musicien rêve, utopiquement il le reconnait, d’un monde où les limites territoriales n’existeraient pas. Pour lui, la musique c’est des vibrations qui entrent dans chaque humain. Et sans aucune agressivité, la musique peut transmettre l’idée d’une collaboration humaine mondiale. En rêveur humaniste, il espère qu’un jour on pourra lire ces fréquences et qu’elles pourront se traduire dans notre cerveau. Le simple bonheur de partager la vie en communauté. « Parce que nous sommes là pour vraiment pas longtemps », ajoute Ramon.

Sa pièce Atardecer parle de la nécessité, plus que jamais en ce moment crucial de l’Histoire, de se reconnecter avec la nature. « Se reconnecter avec nous-même. De prendre le temps d’observer la nature, d’observer le monde qui nous entoure. Parce que l’on va tellement vite comme société, comme civilisation que parfois on oublie ce qui se trouve autour de nous. »

Ses textes, l’auteur prend le temps de les expliquer brièvement aux spectateurs durant le spectacle. Ce qui permet une certaine compréhension du sujet abordé; des mots qui accompagnent la danse.

C’est dans une formule quatuor que Ramon Chicharron transpose sur scène les rythmes de son plus récent album : guitare, basse, batterie et un ordinateur pour recréer la richesse des grooves que l’on trouve sur le disque. Le travail en studio avec Boogát a amené le musicien colombien à mélanger les sonorités électros, urbaines, de son réalisateur avec sa manière à lui, plus acoustique, de composer.

Ce spectacle, Ramon et ses musiciens ne l’ont pas présenté autant qu’ils l’auraient voulu depuis la parution de l’album en mai 2020. Pour lui, cette année pandémique n’est pourtant pas perdue. Positif, il a profité de ce temps pour développer et élargir son public via les plateformes d’écoute et les radios partout sur la planète. Allemagne, Italie, Grèce, Mexique et Espagne, sa musique voyage et il peut suivre son évolution en temps réel sur des services comme Spotify : « C’est vraiment intéressant, car normalement quand on est en tournée on est trop occupé pour effectuer ce genre de suivi », se réjouit-il.

En ces temps incertains, Ramon Chicharron rêve de pouvoir partager sa musique avec le public. Partager la joie d’être ensemble. Il se dit reconnaissant de l’opportunité qu’il a de pouvoir propager sa musique, même si ce doit uniquement être en mode virtuel.

Le soleil brille autant dans le cœur de cet humain optimiste que dans ses compositions. Et ce sourire, lumineux, jusqu’à la toute fin de notre échange. J’en viens à me dire que l’on a tous besoin de passer un moment en compagnie de Ramon Chicharron.


Crédit photo : Photo Parker Mah

Ramon Chicharron
En direct : 18 mars 2021 à 19 h 35
En rattrapage : 19 au 25 mars 2021
Spectacles pour emporter

Cette entrevue à initialement été publiée dans le magazine l’Entracte de la SPEC du Haut-Richelieu - édition avril 2021. Pour lire l’intégral du magazine, cliquez ici !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *