Michel Pagliaro : cœur de rockeur

Par Francis Hébert. C’est Michel Pagliaro lui-même qui nous prévient au bout du fil : « C’est un show acoustique, mais n’apportez pas vos oreillers, ça va bouger pas mal ! » Duo de guitares pour réinterpréter ses plus grands succès aux refrains entêtants : Les bombes, J’entends frapper, Dangereux

« Je n’écoute jamais la radio, je ne suis pas ça. Mais pour ma compilation Hit parade, c’est moi qui ai fait la sélection des morceaux. J’ai appelé ça de même car il y a plusieurs chansons qui ont été sur le hit-parade, et d’autres qui l’ont moins été », dit-il, moqueur.

On repense à sa charmante chanson Coup de cœur : « Oh oh, le matin me fait chanter/que c’est beau la vie/j’suis accro au bonheur/oh oh, une balade au soleil/ça rend plus léger que l’air ». Le Québécois la chante actuellement dans sa tournée. Elle rappelle un peu le Français Jacques Higelin, avec qui il a justement collaboré sur trois projets : une vieille amitié liait les deux artistes. Mais revenons à la carrière de Pagliaro qui s’étale sur plus d’un demi-siècle !

« Je n’ai jamais collectionné ou écouté beaucoup de musique. J’en joue. La première fois que je me suis entendu à la radio, c’est en 1966. Je chantais dans un groupe. Ç’a été un choc. Quand on entend sa voix, on ne se reconnait pas, on trouve ça bizarre. Je réécoute mes disques uniquement quand on fait des compilations. Je n’ai pas d’affiches de moi dans mon salon ! Sur scène, les chansons changent beaucoup selon les arrangements, ça dépend de l’équipage, avec qui tu es. Certaines passent mieux avec un gars du band, mais moins avec d’autres », confie celui qui est resté quelques années à Los Angeles avant de partir s’installer six ou sept ans à Paris.

Voir Pagliaro

« En France, je ne faisais pas de spectacles, je travaillais surtout derrière la scène. J’ai produit le spectacle des Chanteurs sans frontières. Ça me convenait. J’aime beaucoup la technique, je suis très bon là-dedans. Mais j’aime aussi faire des spectacles. Récemment, j’en ai fait un aux Îles-de-la-Madeleine, tout le monde était content. Mais je n’ai pas besoin d’être sous les projecteurs pour trouver l’fun ce que je fais, en autant que ça ait un rapport avec la musique. »

Il est comme ça, Pag : décontracté et simple. Son dernier disque de chansons originales remonte à… 1988, mais il ne s’en fait pas. Il attend le bon moment. Dans les années 70, le chanteur enregistrait deux ou trois albums par année, en français ou en anglais : « Ce qui est compliqué, c’est de trouver les bonnes tounes, qui valent la peine d’être enregistrées, et d'avoir les bons musiciens. À un moment, tu t’essouffles. Mais parfois, tu as de la chance, tu en trouves… »

À Chambly, Michel Pagliaro sera accompagné par le guitariste acoustique Corey Diabo : « Par rapport à un spectacle avec mon groupe complet, il y a quelques petites différences ; certaines chansons s'y prêtent mieux que d’autres, mais il y en a toujours pour environ deux heures. » Débranchée ou non, cette soirée risque de brasser et de laisser les spectateurs plus légers que l’air.

Michel Pagliaro
21 janvier 2023 à 20 h
Salle Emma-Albani
Pôle culturel de Chambly

Cette entrevue a été publiée dans l'édition de novembre 2022 du magazine l'Entracte de la SPEC du Haut-Richelieu. Pour consulter l'édition en cours, cliquez ici.  

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