Magneto Trio : À chacun son cinéma

Par François Marchesseault. Retrouver Mario Légaré sur scène comme bassiste depuis plusieurs décennies ou pour une entrevue, c’est chaque fois comme renouer avec un vieil ami. La passion et la joie profonde du sympathique musicien chevronné inspirent le mélomane autant que le chroniqueur. Cette fois, c’est pour jaser de Magneto Trio que je le rejoins. Sa formation instrumentale, au sein de laquelle il joue depuis plus de dix ans avec Rick Haworth (guitare) et Sylvain Clavette (batterie), lance Plan séquence, son troisième album.

Une habituée des salles de la SPEC du Haut-Richelieu depuis le début de l’aventure Magneto Trio en 2004, la formation s’installera au Théâtre des Deux-Rives du 7 au 10 mars pour une résidence de création. Peaufiner avec l’équipe technique le lancement virtuel de l’album qui aura lieu le vendredi 12 mars en est le but.

Plan séquence, comme au cinéma ? « Souvent, des gens nous ont dit que la musique de Magneto Trio c’est comme de la musique de film, sans film », me lance Mario Légaré. Un titre tout désigné pour illustrer les musiques cinématographiques, planantes et inspirantes du trio. Un troisième disque qui atteint un autre palier créatif avec des explorations sonores plus « aventurières » (dixit Mario Légaré) que sur les deux précédents.

Voir le lancement de Plan séquence

Et ces nouveaux morceaux de cinéma sans images, voilà plus d’un an qu’ils sont prêts à être envoyés aux mélomanes. Pandémie oblige, le groupe avait décidé de reporter le lancement. Quelle ne fut pas la surprise des trois musiciens l’automne dernier en voyant Daniel Bélanger lancer un album instrumental intitulé… Travelling ! Même titre que la dernière pièce de leur album. Même thématique d’un cinéma qui se joue à l’intérieur du musicien comme de l’auditeur. « On ne savait pas que Daniel faisait ça de son côté. Je lui ai parlé pour lui dire à quel point c’est bizarre que l’on se soit penché sur la même idée », précise Mario Légaré. Les grands esprits se rencontrent. Si une symphonie peut être composée au même instant à deux endroits différents dans le monde, partager le concept du cinéma en musique, à quelques mois d’intervalles, cela relève simplement d’un heureux hasard.

Chaque album du Magneto Trio est un laboratoire. Un espace de création libre et d’idées musicales foisonnantes apportées par les trois instrumentistes ainsi que Rob Heaney, leur complice en studio. Mario, Rick et Sylvain, trois amis de longue date, musiciens accompagnateurs pour tant d’artistes et depuis si longtemps, maintenant aux commandes de leurs propres créations. Mario explique : « On est content que, d’album en album, on évolue. Puis que ce soit devenu une entité de plus en plus importante pour nous autres. » Une aventure musicale exigeante émotivement. Cet espace musical est le leur, quand ils l'embrassent, comme ils le feront pour le lancement, plus question de se placer derrière un chanteur ou une chanteuse, c’est eux qui se trouvent sous les projecteurs pour défendre leurs compositions. « C’est quelque chose qui nous motive beaucoup. C’est comme notre carré de sable. C’est notre terrain de jeu », lance candidement le bassiste.

L’amitié, la musique entre chums : une partie de la force du trio réside là, dans la convivialité qui unit les trois amis. Convivialité que l’on perçoit également comme spectateur. Cette impression, à chaque représentation, d’être témoin d’un jam en studio entre trois musiciens et de vivre un moment unique.
Le 12 mars, c’est une invitation dans le laboratoire cinématographiquement musical de Magneto Trio.

Magneto Trio
Lancement: 12 mars 2021 à 20 h
En rattragape : du 13 au 19 mars 2021
Spectacles pour emporter

Cette entrevue a initialement été publiée dans le magazine l'Entracte de la SPEC du Haut-Richelieu - édition aril 2021

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