Le Vent du Nord : 20 ans à faire résonner et rayonner le Québec

Par François Marchesseault. Le Vent du Nord fête vingt printemps d’existence. Vingt ans de souvenirs, d’histoires, de voyages à travers le monde, à partager sa musique, « notre » musique. À faire résonner notre langue et l’entendre chanter par des publics anglophones. Vingt années remplies d’une grande fierté.

Fierté que partage avec éloquence Nicolas Boulerice, chanteur et vielleur du Vent du Nord. Ces vingt dernières années ont été un feu roulant. Peu de pause ou de répit. L’anniversaire permet de jeter un œil dans le rétroviseur : « Ça fait vingt ans que le groupe existe à temps plein. Ce qui est quand même rare. Des groupes qui ont vingt ans il y en a plusieurs. Qui jouent de temps en temps, les fins de semaine. Nous autres, c’est une job à temps plein », raconte Nicolas.

Une vie rock’n’roll, comme il se plait à le dire. Au début de l’automne, la formation donnait des concerts dans l’Ouest américain. Imaginez un instant des milliers de personnes, debout, en Oregon, qui chantent en chœur Au revoir ma Louise, au revoir !, parce que le groupe répète ce refrain depuis plusieurs minutes. Et qu’eux, ils ne peuvent faire autrement que de l’entonner. Le Vent du Nord, c’est ça, depuis deux décennies. « On compose, mais il y a beaucoup de chansons traditionnelles. Donc, c’est vrai que c’est notre musique. C’est ta musique. C’est la mienne. C’est la musique des gens qui habitent ce territoire-là. » Le Québec, qui se rend au monde, à travers les airs du Vent du Nord. Le trad comme moyen de transport pour voyager jusque chez nous.

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Et à travers cette folle épopée de la formation, se trouvent également des histoires de spectateurs américains ou anglais qui un jour ont demandé au groupe d’obtenir des traductions des textes de leurs chansons. « Et là, les gens découvrent tout ce que l’on raconte, ce que l’on chante. Parfois, ils aiment ça au point de s’inscrire à un cours de français. Ce n’est pas arrivé une fois ou deux, c’est arrivé des dizaines de fois ! »

Depuis ses débuts, le groupe a donné au-delà de 2000 spectacles. Les moments de grâce, Nicolas ne les compte plus. Il en pige un dans le lot. Un concert à Glasgow, en Écosse, en 2019. La formation doit jouer avec un orchestre symphonique composé de musiciens qui n’ont jamais joué ensemble. D’un chef qui ne les a jamais dirigés. Les gars du Vent du Nord sont inquiets. Mais voilà, le jeune chef écoute leurs chansons depuis deux mois. Les connait par cœur. Chaque musicien de l’orchestre est passionné de musique celtique et trad. La salle est pleine. Le show commence. La première chanson se passe bien, le public tripe déjà. Après la deuxième, c’est parti : « Là, on s’est rendu compte que l’on était dans le plus beau carrosse que l’on avait jamais eu. Que ça allait marcher. Il n’y avait que du plaisir à avoir. » Mémorable moment.

Pour la tournée 20 printemps, dont l’album est en nomination à l’Adisq, la formation a travaillé avec Dominic Champagne pour la mise en scène. Celui-là même qui a œuvré avec le Cirque du Soleil. Le créateur a dû laisser de côté ses grandes ambitions de décor majestueux. De lune géante qui crache de la boucane. « Il a vite réalisé que pour nous, ce qui va faire que le spectacle fonctionne, c’est que ce soit super simple. Il faut que l’éclairage et le décor soient minimalistes. » Faire de 20 printemps une fête, sobrement. Célébrer le côté groundé de cette musique qui vibre du sol et en nous.

Tenez-vous-le pour dit, 20 printemps plus tard, le Vent du Nord existe toujours et plus que jamais. S’ouvrir à sa musique, c’est s’ouvrir à la nôtre. C’est ouvrir notre propre boite à souvenirs…

Le Vent du Nord
18 décembre 2022 à 15 h 30
Salle Desjardins
Théâtre des Deux Rives

Photo JenFoto

Cette entrevue a été publiée dans l'édition de décembre 2022 du magazine l'Entracte de la SPEC du Haut-Richelieu. Pour consulter l'édition en cours, cliquez ici.  

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