Laurent Paquin : rire en parlant de la mort

Par Yves Mallette
Le titre On va tous mourir n’annonce pas vraiment un spectacle d’humour. Pourtant, c’est ce dont il s’agit. Une enfilade de saynètes comiques, souvent absurdes, animées par le comédien Simon Boudreault et l’humoriste Laurent Paquin qui s’amusent beaucoup à se métamorphoser en personnages de tous âges et de tous sexes.

« Simon Boudreault et moi, nous nous connaissons bien. Nous avons fait beaucoup d’impros ensemble. Depuis longtemps, nous cherchions un projet commun. Il a fallu une vingtaine d’années d’amitié avant que nous puissions le faire », révèle Laurent Paquin.

Voir On va tous mourir

C’est ainsi que les deux amis se sont mis à l’écriture de ce qui allait devenir On va tous mourir. L’idée de la mort comme fil conducteur s’est imposée assez vite, car Laurent Paquin avait déjà des idées sur le sujet. Tout deux ont aussi pensé à une formule présentant une série de courts sketches, ce qui a entrainé une véritable mise en scène. C’est à ce titre que le réputé Serge Denoncourt a accepté de contribuer au projet.

« Ça donne un spectacle qui se situe entre le théâtre et l’humour, mais avec un penchant plus prononcé pour l’humour. Quant au style, je dirais qu’il mélange le côté satirique et éclaté du groupe britannique Monty Python et le côté burlesque de Gilles Latulipe. »

Différents points de vue
Pendant une heure trente, Simon Boudreault et Laurent Paquin incarnent plusieurs personnages pour jouer sieze sketches avec autant de points de vue différents sur la mort. Entre autres, on entendra les échanges entre deux kamikazes qui se préparent à mourir, deux chevaliers qui s’apprêtent à s’affronter en duel, deux survivants d’un écrasement d’avion perdus dans les montagnes qui se demandent quelle partie de leur corps ils mangeraient si l’un d’eux devait mourir, un médecin qui s’interroge sur la façon d’annoncer à un patient qu’il va mourir, deux fœtus qui achèvent leur vie de fœtus se confient l’un à l’autre.

« La mort est toujours à l’avant-plan. Le sujet peut sembler lugubre, mais c’est loin d’être un spectacle lourd. Je dirais même que c’est un feel good show que tous peuvent voir. » Chaque numéro est assez court et malgré les changements de costume et d’accessoires, il n’y a aucun temps mort. Les comédiens ne quittent jamais la scène. Des projections marquent la transition entre les numéros, ce qui fait que le tout est très rythmé du début à la fin.

Les deux champions de l'improvisation n’ont pas le luxe d’exploiter cette facette de leurs talents durant la soirée. « Nous n’avons pas le choix. Il n’y a pas de place pour le décrochage, car les saynètes sont très courtes et tout est scellé au quart de tour. Mais si jamais quelque chose d’imprévu survenait, nous serions très capables de réagir », assure Laurent Paquin.

Pour l’humoriste, l’expérience de collaborer avec un metteur en scène aguerri comme Serge Denoncourt fut très agréable et enrichissante. « J’avais déjà travaillé avec un metteur en scène du même calibre en la personne de René-Richard Cyr et dans les deux cas, j’ai beaucoup appris. D’ailleurs, à quarante-huit ans et avec vingt-cinq ans de métier, je me vois toujours comme un débutant et je cherche toujours à apprendre. »

Un autre volet très satisfaisant pour Laurent Paquin est d’avoir écrit à deux, puis de partager la scène : « La dynamique est très différente de ce que je fais d’habitude. C’est très agréable à jouer. »

Lancé l’été dernier, le spectacle On va tous mourir a été joué une vingtaine de fois jusqu’à maintenant et les réactions ont été très bonnes, selon Laurent Paquin. Bref, c’est un spectacle à voir… avant de mourir.

On va tous mourir
13 mars 2020 à 20 h
Salle Desjardins

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *