Laure Waridel : Aider les gens à entamer une transition verte

Par Isabelle Laramée. Les changements climatiques sont à nos portes. Les actions prennent leur envol un peu partout sur la planète, mais tardent à être suffisantes, clame l’écologiste de renom Laure Waridel. Selon elle, la transition vers le développement durable et un mode de vie en harmonie avec la nature doit être opérée maintenant, si ce n’est hier.

La cofondatrice d’Équiterre prononçera, le mercredi 27 janvier à 19 h, sa conférence virtuelle La transition, c’est maintenant inspirée de son livre du même nom publié en 2019. Elle jetera ainsi les bases de la vaste réflexion collective sur le développement durable des Johannais instaurée par la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, présentateur de la conférence. La rediffusion gratuite de cet événement est disponible sur le site de la SPEC jusqu’au 9 février. La socioécologiste espère que cette rencontre permette de démystifier les actions concrètes que nous pouvons faire individuellement et ensemble, ainsi que les différents domaines de changements. Mais surtout, elle souhaite rendre tout cela simple, accessible, et convaincre les gens que prendre soin de notre environnement, c’est prendre soin de nous.

Voir la conférence de Laure Waridel

« On a tendance à voir l’environnement comme étant à l’extérieur de nous, constate la professeure associée à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQÀM. Pourtant, on respire l’oxygène qui nous permet de vivre. Tout ça grâce au travail des différents écosystèmes. L’environnement, c’est l’air qu’on respire, l’eau qu’on boit, la terre qui nous nourrit. »

La Ville et les citoyens, des alliés de taille
On attribue souvent l’action environnementale aux politiques fédérales et provinciales. Pourtant, l’un des paliers les plus importants se trouve au municipal, alors que les villes et leurs citoyens ont la possibilité de réellement travailler ensemble dans une optique concrète.

« Les villes sont le palier du gouvernement qui a le plus d’impact sur la santé des citoyens. En amont du système de santé, il y a la santé elle-même des gens, c’est-à-dire l’aménagement urbain, le verdissement, la gestion du développement routier, les marchés publics... La qualité de l’eau potable relève des municipalités. C’est aussi un palier sur lequel les gens peuvent avoir un impact. C’est facile de parler à un conseiller, à un maire. »

Les citoyens ne réalisent pas toujours que penser globalement c’est aussi penser localement, ajoute Mme Waridel en citant en exemple les enjeux de la gestion des déchets, ou de l'aménagement du territoire qui est à repenser. Penser en termes de développement durable, c’est aussi repenser le déplacement à l’intérieur des municipalités en rendant plus accessible le transport actif.

« La majorité des pistes cyclables ont été pensées pour la villégiature et non pour le transport actif, comme se rendre au travail. » Du côté du transport en commun, celle qui a longtemps utilisé l’autobus 96 de Saint-Jean-sur-Richelieu en direction de Montréal, note qu'il reste difficile de se déplacer entre les villes avoisinantes.

Une question de santé avant tout
Éclipsée du discours social en raison de la pandémie, l’urgence climatique est pourtant liée de près avec ce qui nous arrive. « La Covid est une zoonose, transmise par les animaux, rappelle-t-elle. Les experts nous disent depuis longtemps que notre empreinte est devenue trop importante. Il n’y a plus de degré de séparation avec les animaux et leur écosystème. On est partout et les humains sont un terreau parfait. Il pourrait y avoir de nouvelles maladies encore plus graves, notamment à cause du dégel du pergélisol », énonce la co-rédactrice du Pacte pour la transition qui agit aussi comme conseillère spéciale en justice environnementale et sociale au cabinet d'avocats Trudel Johnston & Lespérance spécialisé en actions collectives et en droit d'intérêt public.

Par où commencer ? « Il y a beaucoup de groupes de citoyens qui se mobilisent et c’est une belle façon de commencer. La possibilité de participer à des consultations publiques, l’implication dans un comité au travail sont autant de solutions, se réjouit la co-instigatrice du mouvement Mères au front, dont une antenne est active dans la région. Pour beaucoup de gens, ça semble compliqué, mais quand on commence à cheminer, à s’impliquer, on se rend compte que ce ne l’est pas et que c’est très bénéfique. »


Laure Waridel
Webdiffusion en direct le 27 janvier 2021 à 19h
En rediffusion jusqu’au 9 février 2021
Spectacle pour emporter
Présenté par la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu

Cette entrevue sera publiée la prochaine édition du magazine l'Entracte qui sortira sur les plateformes numériques de la SPEC du Haut-Richelieu le 2 février 2021.

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01/28/2021

« Excellent article, merci beaucoup Isabelle! »

Isabelle Laflamme