L’Hymne à la joie de Matthias Maute et l’Ensemble Caprice

Par Francis Hébert
C’est avec Jean-Sébastien Bach et l’Ensemble vocal Arts-Québec dans ses bagages que l’Ensemble Caprice revient sur nos rives pour un concert de Noël que l’on promet festif, joyeux. On s’est entretenu avec le fondateur de la troupe, Matthias Maute, flûtiste et fervent amateur de la période baroque. En sa compagnie, on se promène d’un siècle à l’autre.
On est en Europe, en 1989. L’Allemand Matthias Maute décide de créer l’Ensemble Caprice, avec des compatriotes musiciens. Trois décennies plus tard, il enseigne la musique dans les universités montréalaises, il multiplie les projets et les tournées internationales. Ça fait vingt ans qu’il est déménagé au Québec, lorsqu’il fait la rencontre de la flûtiste québécoise, Sophie Larivière, qui co-dirige avec lui l’Ensemble Caprice, complètement remodelé avec des artistes d’ici. En entrevue, Matthias Maute souligne la richesse musicale de sa terre d’adoption, qu’il souhaite contribuer à faire rayonner.

Voir l'Oratorio de Noël

Volubile, Maute s’exprime dans un français posé, attentif. « Je suis multi-instrumentiste. J’ai commencé avec la flûte à bec, puis le violon, la flûte traversière, mais j’ai toujours également fait de la direction chorale et d’orchestre. Pour moi, le plaisir en musique, c’est que l’on peut varier ce que l’on fait. Un jour, je joue un instrument, un autre je vais diriger un orchestre, ensuite je vais composer, arranger, organiser. Ça rend la vie toujours très intéressante. Avec l’Ensemble Caprice, les tournées ont lieu sur quatre continents. Ce ne sont pas toujours des concerts de Noël ! On va aux États-Unis, au Maroc, au Portugal, en Italie... »
La période des Fêtes offre à l’Ensemble Caprice une parenthèse enchantée : « On est très chanceux. L'Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach, c’est un des grands moments de la musique classique, tout court ! Une pièce très festive avec chœurs, orchestre et solistes, avec trompettes, timbales. C’est vraiment à grande envergure. Bach a réussi un coup de maitre en mettant en musique la joie de l’histoire de Noël à travers six cantates. Nous allons en présenter quatre à Saint-Jean-sur-Richelieu. » Comme invités spéciaux, Maute a convié l’Ensemble vocal Arts-Québec de Montréal, avec soprano, alto, ténor et basse.
Son goût pour le baroque se transpose-t-il également dans la littérature ? « En général, notre perception du passé vise beaucoup plus la musique que les arts visuels ou la littérature. Dans notre cerveau, les besoins sont différents. En littérature, on cherche toujours le dernier cri. On ne veut pas relire. Même chose pour l’esthétique visuelle : on préfère ce qui se passe aujourd’hui. Dans mon domaine, je ne suis jamais vu comme un spécialiste. Je compose également de la musique contemporaine. Avec mon groupe, on joue tous les styles musicaux. On a beaucoup fait du baroque, mais ça n’exclut pas les autres. Bientôt, on va jouer un programme médiéval, donc encore plus ancien, mais j’essaie de trouver une manière de faire résonner ça avec nos besoins d’aujourd’hui. Je veux rendre ça vivant, pour que tout le monde embarque dans les mêmes émotions intenses. »
Photo : Bill Blackstone

Ensemble Caprice et Ensemble vocal Arts-Québec
15 décembre 2019 à 15 h 30
Salle Desjardins
Théâtre des Deux Rives

Cette entrevue est tirée de l'édition de novembre du magazine l'Entracte! 

 

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