Ken Scott : La justesse de la comédie dramatique

Par Isabelle Laramée. Ken Scott avait envie de parler du bonheur. Après Starbucks et son adaptation américaine Delivery Man, Au revoir le bonheur sort en salle ce 17 décembre. Celui qui signe aussi ses scénarios y plonge les cinéphiles au cœur des liens familiaux avec ces différences qui grafignent les relations, mais qui les enrichissent à la fois.

« C’est paradoxal, car c’est eux (la famille) qu’on aime le plus, mais qui en même temps peuvent nous affecter le plus et nous mettre en colère, lance le cinéaste. C’est intéressant d’explorer ça. Ce n’est pas pour rien que le thème de la famille est exploré dans tant de films et de livres. Comme auteur, on cherche à avoir la réplique et à entendre la vraie vie. Quand on réussit à faire sentir que derrière la réplique il y a une profondeur, c’est ça la richesse. »

C’est dans cette optique de recherche à la fois de légèreté et de profondeur que Ken Scott a dessiné l’histoire de quatre frères forts différents qui sont contraints de passer une semaine en famille après les funérailles de leur père. « À l’instar de La grande séduction et L’extraordinaire voyage du fakir, il y a cette prémisse qui oblige, ou incite, les personnages à partir pour mieux se retrouver. « Partir quelque part fait naitre une histoire, un changement, poursuit Ken Scott. Il y a quelque chose qui se passe et c’est d’une grande efficacité. Dans le film, c’était important pour l’histoire que les frères se déplacent, qu'ils sortent de leurs lieux habituels.

La fratrie prend ainsi l’avion en direction des Îles-de-la-Madeleine afin de réaliser les dernières volontés de leur père. Ils se trouvent alors « prisonniers » de la maison familiale, sur cette île, et devront faire face aux blessures du passé.

« On peut tout de suite voir le conflit et la comédie. C’est une dynamique intéressante, lance celui qui a choisi François Arnaud, Antoine Bertrand, Louis Morissette et Patrice Robitaille pour incarner les quatre frères. Ce sont des archétypes, autant au niveau du scénario que du choix des acteurs. Il y a l’épicurien, le nostalgique, l’auteur et le businessman. Chacun a sa vision de la vie, du bonheur. Quand on se retrouve à la mort d’un chef de famille, l’émotion est à fleur de peau. J’avais besoin d’acteurs capables de jouer de la comédie dramatique. On rit, mais on y croit aussi. On passe près de deux heures avec cette famille-là et on peut se reconnaitre. »

La clé : pas de cabotinage
Ken Scott est passé maitre dans l’art de créer des comédies dramatiques. D’ailleurs, à l’exception du drame Maurice Richard, l’ensemble de sa cinématographie s’insère dans ce genre, capable d’émotions sincères. Funambule entre les larmes et les rires, Ken Scott affirme que ce ton lui vient tout naturellement lorsqu’il s’assoit pour écrire. La clé du succès afin de le rendre à l’écran repose alors dans la distribution des acteurs. Ce n’est donc pas un hasard si le scénariste et réalisateur a également choisi les interprètes.

« La distribution est hyper importante dans la comédie dramatique, appui-t-il. Pour Au revoir le bonheur, les personnages masculins, mais aussi féminins comme Julie Le Breton, Charlotte Aubin, Élizabeth Duperré et Geneviève Boivin-Roussy sont exceptionnels. Ce sont des gens qui comprennent la comédie dramatique, car contrairement à la comédie, on a envie de croire à l’histoire et aux personnages. Pour ça, ça prend des acteurs capables de comprendre le ton et d’avoir une justesse dans le jeu. Il ne faut pas de cabotinage. La comédie ne doit pas se faire au détriment de l’histoire. »

 

 

 

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