Janina Fialkowska : vers un monde plus beau, une note à la fois

Par Marie-Pier Gagnon. La grande dame du piano, Janina Fialkowska, sera de passage au Théâtre des Deux Rives le 30 janvier. Un concert qui s’annonce tout en beauté et marqué du sceau de l’intimité alors que la pianiste interprétera de nouvelles pièces de son répertoire.

Sur la scène internationale, Janina Fialkowska jouit d’une grande renommée. Ayant côtoyé les plus grands chefs d’orchestre de ce monde, y compris la nouvelle génération dont fait partie Yannick Nézet-Séguin, elle est de ces artistes québécoises qui contribuent au rayonnement de la culture d’ici.

Voir le concert de Janina Fialkowska

Née à Montréal, elle a découvert le piano à l’âge de quatre ans. En grandissant, elle a rejoint les rangs de l’École de musique Vincent-d’Indy avant de poursuivre sa formation à Paris, puis à la prestigieuse Julliard School de New York.

Sa carrière a véritablement pris son envol lorsque le pianiste Arthur Robinstein, aujourd’hui décédé, a déclaré qu’elle était née pour jouer Chopin. Un compliment qui a scellé son destin. Aujourd’hui, elle cumule les honneurs, dont le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle obtenu en 2012.

De Schubert à Chopin
Le concert qu’elle présentera sur la scène du Théâtre des Deux Rives marquera son retour au Québec après une absence forcée en raison de la situation sanitaire. Habitant en Allemagne depuis quelques années, c’est à cet endroit que son mari et elle ont trouvé refuge à la fermeture des frontières canadiennes.

Ces mois passés loin de la scène, elle les a consacrés à l’apprentissage de pièces qu’elle rêvait d’apprendre depuis longtemps. C’est ainsi qu’elle se présentera au piano, prête à interpréter la dernière sonate de Franz Schubert, un morceau qu’elle qualifie de très difficile malgré toute l’expérience qui l’habite. « Avec Schubert, il faut laisser la musique nous envelopper, la laisser parler d’elle-même. Il faut laisser Schubert parler et c’est ce qui est le plus difficile pour un musicien », confie-t-elle tout en comparant cette dernière sonate à l’image d’un champ de fleurs rempli de subtilité et de beauté.

S’il s’agit là du morceau principal du programme, la pianiste promet aussi de visiter le répertoire d’autres compositeurs comme Sibelius et Weber. Sans oublier Chopin, son incontournable. Elle partage d’ailleurs les mêmes racines polonaises que le compositeur, lui faisant dire qu’un lien naturel les unit.

Le bonheur des petites salles
Même si elle a joué sur les plus grandes scènes, Janina Fialkowska ne cache pas son bonheur d’avoir la chance de jouer au Théâtre des Deux Rives. Ces concerts devant des auditoires plus restreints, elle les adore. Ce sont même ses préférés parce qu’il s’en dégage une chaleur qu’elle apprécie en plus de permettre une véritable communication avec le public. C’est pour ça qu’à 70 ans, elle monte encore sur scène. Pour le bonheur de ces rencontres et ce plaisir de jouer du piano qui ne l’a jamais quitté.

Cela aurait pu. Au début des années 2000, une tumeur maligne à son bras gauche l’a forcé à tout arrêter puis à réapprendre à jouer. Pour le public qui la suit depuis de nombreuses années, on remarque que la pianiste a changé légèrement ses habitudes. Elle s’assoit plus à gauche du piano afin de lui permettre de rejoindre des notes qui, sans ce léger déplacement, seraient impossibles à atteindre.

Ce genre d’anecdotes, elle en partage plusieurs dans une biographie parue le 30 septembre et distribuée mondialement. Un projet d’écriture qu’elle avait entamé bien avant la pandémie et qu’elle a finalement complété dans les derniers mois.

C’est donc avec une belle fébrilité que l’artiste se prépare à renouer avec son public québécois à la Salle Desjardins du Théâtre des Deux Rives. Un rendez-vous auquel elle convie tous les jeunes et moins jeunes qui sont prêts à oublier leurs problèmes le temps de quelques heures afin d’être « transportés vers un monde plus beau. »

Crédit photo Peter Shaaf

Janina Fialkowska
Dimanche 30 janvier 2022 à 15 h 30
Salle Desjardins
Théâtre des Deux Rives

Cette entrevue a initialement été publiée dans l'édition de décembre 2021 du magazine l'Entracte de la SPEC du Haut-Richelieu. Pour consulter l'intégral, cliquez ici

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