J'en appelle à la poésie - Webdiffusion

Si j’ai emprunté le magnifique titre J’en appelle à la poésie au poète David Goudreault, pour baptiser ce concert qui célèbre nos poètes, c’est que ce texte-fleuve rassemble, en un souffle magnifique et puissant, une large part de ce qui me les fait tant aimer.
Un concert donc, entièrement dédié aux poètes et à leurs oeuvres bien sûr, mais également pour rappeler la nécessité et l’urgence poétique et humaniste. Rappeler à notre société effrénée - essoufflée de productivité, de performances, de courses aux profits - la piédestalisation des mathématiques et du dieu des finances, que la vie passe. Au-delà des déclarations pour les impôts, des cartes de crédit, des pandémies et autres fléaux semeur de malheur, de détresse et d’insomnie, la poésie pour rêver. La poésie pour chanter, pleurer, s’émouvoir, se défouler, crier et se donner du courage. La poésie est un moteur puissant, elle fait réfléchir, bouleverse, inspire. Elle renverse des dictatures et atteint le coeur de l’aimé.

Voir le spectacle
La poésie est au cœur de mon cheminement depuis que je sais lire, écrire. Alors que j’apprenais Tu seras un homme mon fils de Rudyard Kipling en 6e année à l’école Arc-en-ciel. La poésie m’a suivi au secondaire, à la découverte de Jim Morrison et d’Arthur Rimbaud. La poésie m’a submergé au cégep avec Denis Vanier, Jean-François Poupart, Claude Gauvreau et Marie Uguay. La poésie me porte toujours en ses vagues inconstantes aujourd’hui, alors que mon foyer en est empreint et que mon fils l’apprivoise à son tour. Pour ébranler la néo-inquisition qui impose les silences, pour enchanter les cœurs fatigués, pour mettre de la lumière là où la cécité se croit maitre, j’en appelle à la poésie et je vous convie à savourer sa réponse.

Rina Lasnier
Poète et dramaturge qui m’était à peu près inconnue il y a quelques mois, c’est grâce à la suggestion d’Isabelle Laramée, qui travaille très fort au sein de la SPEC pour faire rayonner jusqu'à vous la série Légendaires et immortels Canada Français, que je me suis penché sur Rina Lasnier. J’ai découvert une œuvre riche d’images, de toute beauté. Douceur, candeur, amour, enfance, paysage, pays et inévitables épanchements mariaux, parsèment ses textes.

Rina est née à Saint-Grégoire d’Iberville en 1910. C’est par le théâtre qu’elle fait ses premiers pas à titre d’auteure, alors qu’elle publie une première pièce, Féerie indienne en 1939. Elle offre par la suite trois autres pièces et près d’une vingtaine de recueils jusqu’en 1992, où elle publie son ultime chant poétique, La présence de l’absence. Rina Lasnier, figure importante de la poésie québécoise du 20e siècle, a reçu de nombreux prix au cours de sa carrière. Elle aura écrit pour plusieurs journaux, dont Le Canada Français (commanditaire de la série), Le Richelieu, Le Devoir. Si elle a vécu une large part de sa vie à Joliette, où une bibliothèque porte son nom, elle reviendra dans sa région natale pour y terminer ses jours.

Steve Veilleux chante Godin
Steve Veilleux, vous le connaissez bien. Vous avez entendu sa voix, ses mots et ses mélodies à des centaines, voire des milliers de reprises depuis 2004. Avec son groupe Kaïn, l’un des plus connus de la scène québécoise, il a offert d’innombrables concerts. Mais saviez-vous que Steve a également des albums solos, dont T’en souviens-tu, Godin entièrement consacré aux Cantouques de Gérald Godin ? Je dois signifier mon admiration relative à cette démarche, car les Cantouques de Godin, c’est loin d’être simple à porter en musique. Je le sais, j’ai essayé. C’est tout un défi que Steve a relevé. Il viendra partager avec vous son immense travail.
Place à la poésie !

 

Cet article sera publié dans l'édition du magazine l'Entracte qui sortira le 15 décembre 2020.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *