J’accuse : Les barreaux de la colère

Par Alexandre Belliard. Pour ce neuvième spectacle de la série Légendaires et immortels Canada Français, nous vous offrons J’accuse, un concert où la justice – ou plutôt l’injustice – est au cœur de chaque histoire. Car au Québec comme ailleurs dans le monde, des arrestations politiques et idéologiques ont malheureusement eu lieu tout au long de notre histoire.

Saviez-vous que la Loi des mesures de guerre et la suspension de l’habeas corpus ont été proclamées à plusieurs reprises au Québec ? En 1970 bien sûr, mais également à l’occasion des deux guerres mondiales. En 1914 pour la conscription, puis auprès des immigrants des pays de l'Axe durant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945). La suspension de l’habeas corpus fut également ordonnée lors de la Guerre de 1812-1813 et à la suite des rébellions des Patriotes, entre 1837 et 1848.

Je rendrai hommage à ces courageuses personnalités qui ont souffert d’injustices, d’emprisonnements sans fondement et même de condamnations à la peine capitale. Nous pensons bien sûr à tous les patriotes emprisonnés, exilés ou pendus pour avoir réclamé justice et plus de démocratie. Mais également à Françoise-Marie Jacquelin, femme d’affaires et seigneuresse de Fort La Tour (Saint-Jean, N.-B.), morte au cachot en 1645 à Port-Royal; Fleury Mesplet, premier imprimeur à s’établir à Montréal et qui nous a offert un premier journal (1778), mit derrière les barreaux pour son appel aux Canadiens français à se libérer de la Couronne britannique; Pierre du Calvet homme d’affaires et juge de paix emprisonné à la même occasion et pour les mêmes raisons que Mesplet. Pensons à Marie-Joseph Angélique, envoyée à la potence en 1734 sans preuve solide de son rôle dans l’incendie de Montréal…

Voir la webdiffusion

Plus récemment en 1970, Gérald Godin (poète, journaliste et ministre de l’Immigration sous René Lévesque) ainsi que Pauline Julien la passionaria, emprisonnés comme des centaines d’autres personnes, sous la Loi des mesures de guerre. Même chose pour le poète Gaston Miron, sans qu’aucune accusation soit portée. Pensons aussi à Madeleine Parent et Michel Chartrand (syndicalistes), enfermés à de nombreuses reprises pour leurs rôles de meneurs auprès des travailleurs en grève ou en lock-out. Tous et toutes ont été victimes d’injustices !

Toujours accompagné d’Éric Goulet et de Myelle, je chanterai et raconterai l’histoire derrière ces injustices. De la Conquête britannique à la Crise d’octobre 1970, les barreaux de la colère ont été sciés, puis ressoudés bien trop souvent.
Invité : Luc De Larochelière

À cette occasion, nous avons l’immense plaisir de recevoir Luc De Larochelière ! Grand mélodiste et parolier, la plume acérée et critique envers les travers de notre société, Luc nous fait non seulement cadeau d’interpréter l’une des chansons du répertoire des Légendes, mais il « accuse » à son tour, nous offrant l'une des pièces de son vaste répertoire. J’ai eu le bonheur de partager la scène avec lui le temps de quelques concerts il y a plus d’une dizaine d’années déjà. Quelle joie de retrouver Luc sur scène, dans le cadre de la série légendaires et immortels Canada Français !

Cet atricle a été initialement publié dans le magazine l'Entracte de la SPEC du Haut-Richelieu - édition mars 2021

Crédit photo : Marc-André Paillé

J’accuse
Webdiffusion en direct : 17 février 2021 à 20 h
Disponible en rediffusion jusqu'au 31 mars 2021

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *