Gregory Charles : junkie de musique

Par Sara Thibault

Après avoir fait des spectacles interactifs sa marque de commerce, Gregory Charles choisit maintenant de plonger le public dans les années 1960 en présentant le spectacle Vintage 69. Il a accepté de discuter avec l’Entracte de ce projet.

Lors d’un party avec ses musiciens, notamment ses amies Lulu Hugues et Kim Richardson, quelqu’un a eu l’idée de faire un spectacle sur l’année 1969, qui est un âge d’or pour la musique, autant au Québec qu’à l’international : « C’est une année importante dans toutes les langues ! C’est l’explosion de Johnny Halliday, c’est le retour d’Elvis Presley après être allé à la guerre et plusieurs années de cinéma, c’est la consécration de Las Vegas, c’est l’année de l’explosion des festivals de Newport, d’Altamont, d’Indianapolis, de Toronto… Et là je n’ai même pas encore parlé du bed-in montréalais de John Lennon et Yoko Ono ! Qu’on aime le rock, le pop, le funk, la chanson populaire ou la chanson à texte, 1969 est une année incontournable ! »

C’est donc à une soirée mémorable que vous convient Gregory Charles, ses musiciens, et les chanteuses Kim Richardson et Lulu Hugues. Y seront repris les grands succès de chanteurs francophones comme Charlebois, Ferland, Joe Dassin et Johnny Hallyday, ainsi que des vedettes anglophones tels les Rolling Stones, Jimi Hendrix, Aretha Franklin, Janis Joplin, Elvis Presley et bien d'autres.

Voir le spectacle Vintage 69

Pour Gregory Charles, c’est aussi l’occasion d’apporter des notions d’histoire, de raconter des anecdotes sur l’atmosphère de l’époque, sur le genre de shows plus libres des années 1960 : « Vintage 69, c’est un party comme ceux qui se faisaient à l’époque. Il y avait deux pôles importants sur le bassin est américain, Fillmore East à New York et Fillmore West à San Francisco. Souvent, les gens qui faisaient un show dans les deux étaient consacrés. Ça a été le cas avec Jim Hendrix, avec Janis Joplin. » Gregory Charles remarque aussi que plusieurs événements des années 1960 ont été élevés au rang de légende : « On discute souvent de Woodstock sans vraiment savoir ce qu’il s’est passé. Woodstock, c’est un festival de blues, présenté dans la boue. La majorité des vedettes invitées n’y sont pas allées, pour toutes sortes de raisons, et les shows ont pris tellement de retard que certains artistes ont joué au milieu de la nuit. Jimi Hendrix, qui est sans doute celui qui aura marqué ce festival, a joué le lundi matin alors que l’événement devait finir le dimanche. Janis Joplin, tout le monde se souvient d’elle à Woodstock, mais c’est surtout ses spectacles à Fillmore et le fait qu’elle est morte pas trop longtemps après qui l’ont fait connaitre. Ceux qui ont été des mégas vedettes à Woodstock, c’est Santana, que les gens ne connaissaient pas tant que ça, et Joe Cocker. »

Au Québec, Gregory Charles est reconnu pour son extrême polyvalence et son expérience encyclopédique de la musique. Afin d’arriver à maintenir cette connaissance phénoménale, il se plie à une discipline de fer. Il a une routine qui ne change pas depuis plusieurs années. Le lundi, il prend quelques heures pour écouter ce qui vient de sortir, y compris la musique country ou le jazz du moment. Les autres matins, il fait du rewind et la fin de semaine, il joue à des jeux qui lui permettent d’écouter perpétuellement de la musique : « Quand j’étais jeune, toutes les radios jouaient les mêmes tounes, alors ce n’était pas difficile de s’entendre sur ce qui était les succès du moment. On les entendait 25 fois par jour, à tous les postes. En 2019, il n’y a pas vraiment de succès qui se démarquent réellement. Il est donc nécessaire de faire un effort supplémentaire pour rester au courant de ce qui se fait. Est-ce que j’aime tout ? Non, mais je suis un junkie de musique un peu comme Mario Dumont peut être un junkie d’actualité. Je suis un encyclopédiste, donc je veux tout écouter pour pouvoir tout absorber. »
www.spec.qc.ca/spectacle/gregory-charles


Gregory Charles
8 novembre 2019 à 20 h
Salle Desjardins
Théâtre des Deux Rives

Cet article a été publié dans l’édition de septembre 2019 du magazine l’Entracte! que vous pouvez consulter dans son intégralité ici.

Lire le magazine l’Entracte!

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