Émilie Clepper, les oiseaux de passage

Par Francis Hébert
La Québécoise Émilie Clepper vient présenter les chansons migratoires de son premier disque francophone, entre piano, violon et ambiances plus modernes.

En entrevue, la chanteuse parle de l’importance d’ouvrir des portes, de rester ouvert en création. Après une poignée de disques en anglais, elle a sorti l’an dernier Émilie Clepper et la grande migration, un opus franco. On y voyage beaucoup, il suffit de lire les titres des chansons pour s’en convaincre : Fous de Bassan, Sur la route, Désert blanc, Pélerinage…… Pour la thématique, on pense à un classique de Georges Brassens, Les oiseaux de passage, pamphlet contre la bourgeoisie et l’immobilisme. Chez Clepper, le propos est plus feutré. La douceur folk-pop de la musique porte une voix chargée en intensité, en élan…

Son père est d’origine états-unienne, sa mère québécoise-suisse. Émilie se balade donc, depuis toujours, entre l’anglais et le français : « Je voulais faire un disque en français depuis longtemps, parce que j’avais le goût d’honorer mon héritage québécois, même si j’avais toujours été dans un milieu où on faisait de la chanson anglophone. Pour l’écriture de chansons en français, je me sentais dans le vide, même si j’écrivais déjà d’autres types de textes en français. Pour m’aider, j’ai demandé à ma grande amie Sara Garneau d’écrire avec moi. On a commencé par Les grands vents. De fil en aiguille, les autres sont venues. On a eu beaucoup de plaisir à faire ça. Je trouvais que Sara écrivait bien, on avait une belle complicité, elle me donnait un pilier pour me lancer dans ce milieu franco. »

Voir Émilie Clepper et la grande migration
Elle a été soutenue par l’étiquette La Tribu, qui a tant fait pour la chanson québécoise depuis des années, des Cowboys fringants à Martin Léon, en passant par un certain Tire le coyote (Benoît Pinette). C’est justement ce dernier qui réalise l’album de Clepper : « Au début, on a travaillé avec Stéphane Rancourt, il nous donnait beaucoup d’espace et de liberté pour explorer. Il nous a présenté Vincent Gagnon. » Gagnon (piano, clavier) et Rancourt (percussions) signent quant à eux les arrangements musicaux.

« Nous en étions au défrichage. Je crois que c’est la maison de disques qui a suggéré Tire le coyote. Je le connaissais, on avait déjà fait des spectacles ensemble. J’apprécie beaucoup ce qu’il fait, il a une belle recherche musicale et littéraire. On s’est toujours bien entendu dans nos racines musicales. Il a écouté des auteurs-compositeurs iconiques du Texas ou du folk americana comme Neil Young. » 

Pour la suite des choses, Émilie Clepper continuera à naviguer entre les langues. Elle prépare d’ailleurs un disque en collaboration avec son musicien de père. Si l’anglais paternel sera prédominant, elle compte néanmoins y insérer du français.

Ce métissage se reflète sur scène. Dans cette tournée, ils seront quatre musiciens : « Chaque personne apporte sa couleur. Chaque spectacle est spécial, assez différent d’une fois à l’autre. On laisse de la place à l’interprétation, aux envolées... »
www.emilieclepper.ca
Photo : Renaud Philippe

Cette entrevue est tirée de lédition de décembre du magazine l'Entracte!

Émilie Clepper
28 novembre 2019 à 18 h
Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean
Admission générale

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