David Marin : Spectacle total

Par Francis Hébert

L’auteur-compositeur-interprète québécois David Marin propose aujourd’hui avec Radio compost une idée à la fois originale et bien dans l’air du temps : un spectacle total, qui mêle l’interactif, l’improvisation et le numérique. Une tournée à la sauce 3.0 qui s’arrête à Saint-Jean.

En 2018, David Marin publiait Hélas, Vegas son troisième album original, peu ou prou cinq années après le très acclamé Le choix de l’embarras. Ce qui, dans le monde de la chanson actuelle, est un délai plutôt long. Mais pour le chanteur, c’est le temps que ça prend. Après la vie communautaire de tournée, il a besoin, avant de se remettre à l’écriture, « de faire le vide, d’apprivoiser la solitude », confie-t-il au bout du fil. Le succès de son deuxième disque n’a rien changé : « Je me mets moi-même de la pression en général. »

Si Louis-Jean Cormier a collaboré à ses deux premiers opus, Marin a confié la réalisation de Hélas, Vegas à Pierre Fortin. Il aime que son réalisateur et ses musiciens le poussent ailleurs, là où il n’aurait pas pensé aller. Mais il demeure fidèle au parolier Daniel Beaumont qui agit à titre de conseiller, de guide dans l’écriture : « Daniel, c’est particulier. Ce n’est pas quelqu’un avec qui je co-écris. Quand j’ai une série de textes, on va une fin de semaine dans un chalet. Il débarre, il défait des nœuds, il confirme des doutes… Il m’aide à écrire. »

Dans le livret de son nouveau cd, il parle des influences qui l’ont amené à faire ce métier. En entrevue, il parle de son « côté psychédélique » et cite les grands incontournables des années 60 et 70 : The Doors, Pink Floyd, Paul McCartney, Charlebois, Ferland. Puis on fait un bond jusqu’au début des années 90, au moment où le Français Alain Bashung collaborait avec le parolier Jean Fauque. On se rappelle alors que Sylvie Paquette avait fait appel à Fauque pour écrire son disque Souvenirs de trois.

Voir le spectacle de David Marin

Au moment de l’entretien, Marin est en pleine préparation de sa nouvelle tournée. Les bases sont installées, mais il reste des choses à définir : « Ces derniers mois, j’en suis à monter ce show-là. À force de faire de la scène, j’ai découvert que pour moi, c’est là que ça se passe. C’est là que je m’éclate. Je peux y développer un paquet d’affaires que je ne démontre pas forcément dans l’écriture de chansons. Dans les autres tournées, j’y suis allé un peu dans les classiques, je suis bon pour raconter des histoires entre les chansons. Je me fiais à l’impro, le feeling du moment. Mais pour la prochaine tournée, je voulais pousser mes possibilités à leur maximum. C’est devenu un projet complètement cinglé qui s’appelle Radio compost. J’emmène les gens dans un genre de radio live. On a l’intention d’être streamé sur Internet et de jaser avec du public qui ne serait pas présent sur place. Ce sera un mélange de vrai et de faux, dit-il mystérieusement, en souriant. Mais l’important c’est qu’on y croit. À la place de parler entre deux tounes, il pourra y avoir une fausse publicité d’une fausse compagnie, par exemple, que l’on jouera live, et qui sera un bon lien avec la chanson qui suit. Il y aura aussi des invités spéciaux qui changeront d’une ville à l’autre. »

Marin a étudié et travaillé dans le domaine de la radio : « C’est naturel pour moi de faire ça. Avec Radio compost, je veux faire des clins d’œil à des clichés que je peux réinventer pour servir le propos de mon spectacle. Je veux qu’on se questionne, ce n’est pas une simple parodie d’émission de radio, mais il faut que ça reste aussi du plaisir et du divertissement. »

www.davidmarin.com
Photo : Chanel Sabourin

David Marin
3 octobre 2019 à 18 h
Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean
Admission générale

Cet article a été publié dans l’éditionde septembre 2019 du magazine l’Entracte! que vous pouvez consulter dans son intégralité ici.

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