David Fiset : faire le clown

Par Myreille B. Artiste de cirque multidisciplinaire, spécialisé dans l'art clownesque, David Fiset nous rappelle un certain Charlie Chaplin contemporain. Il a fait ses débuts comme clown et mime de rue, et ses multiples voyages autour du globe lui ont permis d’approfondir cet art singulier ainsi que ses connaissances artistiques.

À la fois clown, équilibriste, acrobate, jongleur, monocycliste, concepteur, interprète, scénographe et accessoiriste, David est avant tout un créateur d'émotions qui rejoint, à travers son art, un vaste public tant local qu'international. C’est à l'aide d'une trame narrative musicale que son personnage, Monsieur Gazon, évolue graduellement dans son environnement tout en transmettant une gamme d'émotions aux spectateurs, petits et grands. Et ce, à l'aide de très peu de mots, d'où l'accessibilité de cette production à un large auditoire.

Voir À fleur de ville

David a eu la chance de travailler et de voyager aux côtés du fondateur de Clowns sans frontières (au Québec), Jacques Thériault. Cette riche expérience a été déterminante pour l'artiste en devenir. « J'ai commencé en allant en Haïti. Cela a été pour moi un choc culturel en termes de mission et de spectacles humanitaires. C'était six mois après l'ouragan Jeanne en 2004, à la suite du déluge qui avait causé un désastre dans la région des Gonaïves. Nous y avons fait des représentations dans une trentaine d'écoles primaires. » Qu'est-ce qui a poussé David à s'impliquer dans ces activités humanitaires ? « J'ai d'abord été inspiré par le spectacle et surtout par le bonheur que ça suscitait chez les enfants d'ici ou ailleurs dans le monde. S'il y avait quelque chose qui se présentait à moi, j'embarquais dans le bateau. J'étais totalement ouvert à toutes possibilités de faire des représentations et de partager mon art. »

Philanthrope, David va ainsi parcourir de nombreux pays par le biais de différents organismes. « Par la suite, j'ai participé à plusieurs missions humanitaires dans des contextes particuliers. » Il présente ainsi des spectacles et des ateliers dans des écoles, dans les hôpitaux, dans les orphelinats et il enseigne même dans divers pays, dont la Thaïlande et le Cambodge. « Je suis travailleur autonome depuis vingt ans et je suis personnellement très impliqué. »

Le spectacle À fleur de ville, que David présentera également en matinée scolaire le lendemain de cette représentation, a d'abord connu ses balbutiements dans la rue. Le phénomène a tellement pris d'ampleur que l'artiste s'est retrouvé sur les scènes du Québec. « Je faisais ce spectacle dans les événements familiaux extérieurs et dans les festivals. J'ai commencé à créer des accessoires puis divers costumes avec du faux gazon. Ce sont les enfants qui m'ont baptisé Monsieur Gazon. J'ai trouvé ça bien cute et j'ai commencé à investir graduellement sur le sens du personnage, le concept et les accessoires en lien vers une sensibilisation à la nature. »

Le spectacle À fleur de ville est l'histoire d'un personnage très excentrique. David explique sa démarche artistique : « Il y a une évolution émotive du personnage. J'essaie de faire ressortir la propre nature de Monsieur Gazon au fil du spectacle. Au départ, sa nature est complètement enterrée sous un bitume gris, la routine et les bruits de la ville. Tranquillement, le contact avec le public prend forme parce que les couleurs arrivent graduellement et son environnement se transforme à la fois à l’intérieur et autour de lui. Puis sa véritable nature le rattrape pour qu'il redevienne ce qu'il était dans son enfance et ce qu'il aimait faire dans la vie. Au début, le personnage est moins souriant et à la fin il est complètement épanoui. »

Un message est transmis à travers cette trame narrative : « Notre propre nature nous rattrape un jour ou l'autre. Ce n'est pas seulement une sensibilisation à l'environnement, mais plutôt à notre environnement intérieur, propre à chacun. Même si nous sommes seuls à la maison et que nous voulons que toutes les choses soient bien rangées, un jour ou l'autre il y a comme une envie de laisser pousser le désordre chez soi pour être plus heureux. »

La poésie est omniprésente dans cette production exceptionnelle à voir et à découvrir. « C'est un spectacle que les parents peuvent autant apprécier que les enfants. Il y a vraiment un double sens dans ce spectacle, les enfants voient des choses que les parents ne voient pas, et vice versa. »

Plus d’informations : davidfiset.ca

Théâtre des Deux Rives
Dimanche 25 avril à 15 h

SPEC.TV
En direct : Dimanche 25 avril à 15 h
En rattrapage : 25 avril au 2 mai 2021

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