Ariane Moffatt, comme une main tendue

Par Francis Hébert

Quinze ans après son premier album, Ariane Moffatt lançait cet automne Petites mains précieuses, où l’électro-pop s’invite de nouveau, avec une touche de « néo soul », nous confie-t-elle avant de grimper sur les planches johannaises.

Au téléphone, celle qui sera en spectacle au Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean le 19 avril prochain semble enjouée. Elle vient de passer à la radio pour évoquer un livre d’une environnementaliste inuit, qu’elle a lu dans l’avion qu’il la menait à Kuujjuaq, pour le tournage de son nouveau vidéoclip. À Montréal, en dehors de sa vie de chanteuse, elle s’occupe de ses trois enfants, dont un qui n’a pas encore deux ans. Si ses nouvelles chansons sont assez dansantes, le propos ne l’est pas toujours et elle chante dans N’attends pas mon sourire : « N’allume pas les lumières/J'veux pas connaitre l'état des lieux/Est-ce que l'automne a croisé l’hiver/Je voudrais disparaitre entre les deux ». Lorsqu’on lui cite ces quelques lignes, la chanteuse confesse : « C’est la chanson la plus sombre de l’album. Ce qui est l’fun après quinze ans de ce travail d’auteur-compositeur mais aussi de cette vie de femme, c’est que c’est possible pour moi d’aller puiser dans des émotions très fortes du passé. On a toujours accès à ce bagage qu’on transporte. »

À propos du tout chaud Petites mains précieuses, elle raconte : « C’est un disque qui est arrivé beaucoup plus tôt que prévu parce que j’étais mue par ce besoin viscéral d’écrire. Ça s’est invité dans ma vie, deux mois après la naissance prématurée de mon garçon, ça a été un choc et l’écriture est venue comme une bouée de sauvetage. Ça me nourrissait, ça me permettait d’exulter certains états d’âme. C’est venu plus naturellement que pour l’album précédent, 22 h 22. Après… est-ce que c’est plus inspiré ou non, je ne sais pas… Mais dans la méthode, cette fois-ci j’étais davantage dans l’ivresse d’écriture qu’on ne contrôle pas. »

Ariane ne s’ennuie pas de son expérience à La Voix, même si elle apprécie les contacts humains, la transmission et le partage entre artistes. Elle profite d’être moins exposée médiatiquement pour se consacrer à sa carrière de chanteuse. Sa tournée s’installe : « J’ai hâte de faire plus de shows. Il y a une scénographie plus ambitieuse que jamais : une bulle dans laquelle le band se trouve. Je suis entourée de musiciens d’exception, d’amis très proches, avec Joseph Marchand qui était là à mes débuts, qui jouait de la guitare sur Poussière d’ange. Ce sera groovy, électro mais aussi organique. Pour cette tournée, je n’ai pas pris de metteur en scène, j’ai tout fait moi-même. Il n’y a pas non plus de projections car les éclairages jouent presque ce rôle. J’écris mes chansons seule, ce n’est qu’après que je les montre aux musiciens pour les arrangements. Le nouveau disque, c’est aussi une image de main tendue, d’un réel besoin de l’autre. »

Parmi les collaborations surprenantes d’Ariane Moffatt, citons celle avec Clémence Desrochers pour un spectacle de théâtre (chansons inédites gravées sur le mini cd La démesure d’une 32 A) et celle avec le comédien-chanteur Bruno Marcil, sur le très bel opus folk de celui-ci, Les marches lentes. Des mains tendues aux oreilles curieuses.

 

Ariane Moffatt

19 avril 2019 à 20 h

Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean

Billets en vente ici

 

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