Alexandre Da Costa : Inviter Vivaldi et Hendrix à la même fête


Par François Marchesseault. Alexandre Da Costa, violoniste de réputation internationale, à la fois directeur artistique et chef de l’Orchestre symphonique de Longueuil, a osé se réinventer bien avant que le mot soit imposé à tout le milieu artistique. Avec Stradivarius BaRock, l’album paru en 2019 et maintenant le spectacle, le talentueux musicien mélange habilement le jazz, le rock et l’électro-pop avec la musique classique.

« Cette demande de réinvention a été un choc », me lance Alexandre Da Costa. Car voilà exactement ce qu’il propose avec son projet : un disque totalement différent de ce qu’il offre habituellement. Hors des codes plus rigides de la musique classique. Même qu’au moment de lancer l’album, il avait le sentiment d’être un rebelle qui présentait une œuvre qui déplairait probablement à l’establishment classique. « Aujourd'hui, je me dis que toute cette réinvention et cette audace ont, disons, été légitimées par le fait qu’il faut penser à autre chose qu'au business as usual. »

Voir Stadivarius BaROCK

Une démarche nouvelle, en parallèle de sa vie de soliste et de chef d’orchestre. Sortir son Stradivarius et lui faire jouer des compositions de Vivaldi, Bach et Pachelbel en imaginant comment elles auraient été créées aujourd’hui. En proposant une version jazz de G-String Air, de Bach, par exemple. « Le jazz, c’est encore plus complexe que ce que Bach, Beethoven et Mozart ont composé. C’est peut-être là, au jazz, qu’il (Bach) serait arrivé s’il avait continué son processus mental. On peut simplement prendre une base existante puis lui faire faire un voyage dans le futur et ça donne des choses assez plaisantes », précise Alexandre.

Là où le spectacle se distingue de l’album, c’est dans l’absence de chant. Sur le disque, Bruno Pelletier, Mario Pelchat, La Bronze, entre autres, ajoutent leur voix aux enregistrements d’Alexandre Da Costa. Sur scène, Stradivarius BaRock devient l’affaire de Da Costa et de son trio jazz (piano, contrebasse, batterie) : « La voix humaine, elle est vraiment bien représentée par le violon et c’est ça, en fait, que l’on partage. »

S'ajoutent les coups de cœur musicaux du musicien. Des morceaux de Jimi Hendrix, Queen ou encore Leonard Cohen. Hendrix et Beethoven au même concert ? « On joue une pièce de Bach et après on joue une pièce de Jimi Hendrix. Et les gens voient que si on les présente avec la même instrumentation, avec la même mentalité, on n’est pas si loin que ça (l’un de l’autre) », explique le musicien.

Mon interlocuteur a un respect infini pour toutes les musiques et tous les mélomanes. Qu’il monte sur scène pour jouer un concerto de Mozart accompagné d’un grand orchestre ou pour présenter son Stradivarius BaRock, sa préparation est quasi olympienne : « Il n’y a personne qui pourrait dire que c’est un show à demi-mesure. En fait, c’est plus demandant d’un point de vue classique, virtuose et technique que n’importe quel autre spectacle que j’ai donné dans ma vie. »

Un spectacle pour avoir du plaisir. Plaisir des musiciens sur scène partagé avec les mélomanes dans la salle : autant les néophytes de la musique classique, les puristes (comme la mère du musicien, qui a approuvé l'œuvre), que les amateurs de rock. Alexandre Da Costa termine l’entretien sur ces mots : « Il y a seulement deux types de musique dans la vie, la bonne et la mauvaise. Si l’on se tient du côté de la bonne, on ne peut pas se tromper. » Et au dire du principal intéressé, tous les spectateurs quittent la salle avec le sourire, désireux de poursuivre la fête bien au-delà du concert. Incontournable ce Stradivarius BaRock !

Voir le spectacle d'Alexandre Da Costa
En direct : 12 mars 2021 à 20 h
En rattrapage : du 13 au 19 mars 2021

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