Rose of Jericho | L'hymne à la beauté du monde d'Andrew Skeels

La rose de Jéricho. C'est cette plante du désert arabique à l'apparence desséchée qui a inspiré le chorégraphe Andrew Skeels pour son spectacle du même nom. Car sous cette apparente absence de vie se cache une rose. Et il ne suffit que de quelques gouttes d'eau pour lui redonner la beauté.

Il y a une grande poésie dans cette renaissance soudaine pour Andrew Skeels. L'ancien danseur des Grands Ballets canadiens y voit cette capacité de vaincre, de surmonter les années plus difficiles, les mauvais traitements pour finalement revivre de plus belle.

« J'ai vu une rose de Jéricho pour la première fois il y a trois ans dans l’appartement d'un ami, raconte le chorégraphe montréalais. Je pensais que c'était mort, car les tiges étaient enroulées. Elle n'avait pas été arrosée depuis un an. J'ai été étonné de voir sa capacité à survivre. J'en ai fait une métaphore pour parler des problèmes d'immigration. »

 Américain de naissance qui a immigré au Canada en raison de sa carrière, Andrew Skeels vit entouré d'histoires outre-mer ou transfrontières. Des belles, puis des moins belles. Pour lui, il était impératif d'ouvrir la discussion, du moins une réflexion sur ce phénomène planétaire.

 « J'ai plusieurs amis immigrants, dit-il. Je ne suis pas heureux de la situation politique. J'ai moi-même quitté les États-Unis à dix-neuf ans pour une opportunité au Canada. C'est difficile là-bas pour les artistes, car le système est basé sur l'argent. J'ai donc été forcé de quitter mon pays d'origine pour poursuivre ma passion. »

 
Danse

Rose of Jericho présentera sept danseurs sur la scène du Théâtre des Deux Rives le 29 octobre, quelques jours suivant la première montréalaise du 10 octobre à la Place des Arts. Une chorégraphie métissée entre plusieurs styles de danse et de l'art du mouvement.

Les sept danseurs viennent de courants hétéroclites entre le hip-hop, la danse classique et contemporaine, raconte celui qui est ceinture noire de karaté Kenpo. Andrew Skeels aime mélanger les genres. Lui-même a touché à la claquette, le hip-hop et la danse classique avant de commencer à chorégraphier à l'âge de seize ans.

« J'essaie toujours de commencer par une période de recherche chorégraphique. Je fais plusieurs exercices d'improvisation pour trouver un mouvement qui m'intéresse. C'est un grand point de départ. Le tout est fait dans un processus très collaboratif. »


Création

La question migratoire s'est transposée jusque dans la création technique et artistique du spectacle. «J'ai collaboré avec la compositrice iranienne Sussa Deyhim. Sa musique est à la base chantée. Elle utilise sa voix pour créer une atmosphère. C'est inspiré de son expérience en Iran alors qu'elle y a vécu il y a trente ans. »

La musique est un élément à part entière dans l'œuvre d'Andrew Skeels qui crée les mouvements en parallèle à celle-ci. « J'ai utilisé ensuite les portions musicales. C'est un processus de fusion. »

Même constat du côté des costumes qui ont été pensés par le designer mexicain Wilber Tellez. « J'aime son histoire, car elle parle de l'immigration aux États-Unis et de tous ses problèmes, confie le montréalais d'adoption. Pour moi Wilber est 100% américain. Il y a fait toutes ses études, mais il n'est pas capable d'avoir sa citoyenneté depuis qu'Obama a changé la loi. »

Les costumes du designer ont été conçus en fonction de la vision du chorégraphe envers ses danseurs qu'il souhaite présenter comme des réfugiés. « Je voulais que les costumes reflètent les personnes et le caractère de la pièce, dit-il. Je les vois comme des gens qui essaient de traverser la frontière. Ils font une quête. »

www.dansedanse.ca/fr/skeels-danse-rose-jericho 

ROSE OF JERICHO | 29 octobre à 15 h 30

Salle Desjardins, Théâtre des Deux Rives

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Texte d'Isabelle Laramée

 

 

 

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