Éditorial | Dis-moi ce que tu aimes, je te dirai qui tu es

J’aime mon métier. J’aime ce privilège que j’ai de pouvoir présenter à la population des spectacles de musique, de danse, de théâtre, de cirque, de chanson… J’aime donner accès à cette pluralité des disciplines, j’aime cette pluralité des publics. J’aime provoquer la rencontre entre artistes et public curieux, ouvert et avide de découvertes. J’aime la confiance que le public me témoigne en acceptant de consacrer temps et argent en assistant aux propositions artistiques, et ce, souvent sans les connaître. J’aime prendre le temps de construire cette relation de confiance que je souhaite durable. J’aime ce métier que l’on nomme diffuseur pluridisciplinaire en art de la scène.

L’un des plus grands défis auquel la SPEC du Haut-Richelieu doit faire face est de s’assurer d’offrir le bon spectacle, dans la bonne salle. Nous avons le privilège de gérer deux salles de spectacle de qualité, mais il peut arriver que ni l’une ni l’autre ne soit adéquate pour y présenter certaines propositions artistiques. Parfois, nous devons faire le deuil de vous présenter certains spectacles parce que l’intimité recherchée ou la scénographie ne conviennent pas à nos lieux. Parfois, nous arrivons à utiliser nos installations différemment, par exemple en aménageant la scène du Théâtre des Deux Rives pour y accueillir le public en toute intimité pour la présentation d’un spectacle de danse ou de théâtre.

L’autre grand défi qui se pose à nous, et qui est peu connu du public, est de nous assurer que nous offrons le bon spectacle au bon public. Par exemple, quelqu’un qui est abonné au TNM s’attend à assister à des productions théâtrales du répertoire classique montées avec une facture contemporaine. L’axe de communication de cette institution va dans ce sens. Il est clair, bien défini et s’adresse à un public très bien ciblé. Pour la SPEC du Haut-Richelieu, la pluralité des disciplines composant notre programmation de même que la diversité des propositions artistiques à l’intérieur d’une discipline fait en sorte que nous nous adressons à plusieurs types de public. Pour illustrer mon propos, voici deux commentaires déposés sur notre site Internet suite la présentation de la pièce L’emmerdeur :

« Merci pour une autre merveilleuse soirée où on s'est bien dilaté la rate. Nous connaissons tous les capacités loufoques de Marcel Leboeuf, surtout dans son rôle de M. Pignon, mais là, de découvrir un Normand D'Amour aussi déjanté, quel bonheur. On en veut encore de ces deux-là. Félicitations et continuez votre beau travail! »

« Une pièce qui ne devrait pas faire partie d'une programmation comme la vôtre. Tout au plus une pièce pour un théâtre d'été avec 20 minutes de texte et une heure de tiraillages sur scène. Quand même bonne performance des comédiens dans une pièce totalement sans contenu. »

Sachez qu’il nous importe tout autant d’avoir une salle comble qu’un public comblé. Un public qui apprécie pleinement sa venue à la salle de spectacles. Pour tendre vers cet objectif, nous développons chaque année différents outils de médiation artistique afin de renseigner les publics pour qu’ils puissent faire des choix éclairés en regard de nos différentes propositions. À titre d'exemple, mentionnons les brochures de saison et les capsules-conseils en théâtre et danse où l’on vous donne des informations sur les spectacles, entrecoupées d’extraits des spectacles lorsqu’ils sont créés, et les entrevues dans l’Entracte. Pour vous accompagner dans la découverte des œuvres, nous tenons aussi des conférences avant les représentations de la série Maestria et des rencontres après les pièces de théâtre. Les Grands rendez-vous artistiques, quant à eux, traitent plus en profondeur de certaines pratiques artistiques.

En plus des médiations artistiques s’adressant au grand public, s’ajoute une panoplie d’outils destinés aux enseignants ainsi qu’à leurs élèves fréquentant nos installations dans le cadre de matinées scolaires.

De toute évidence, à la lecture des deux commentaires précédents, il est clair que nous avons encore du boulot à accomplir, mais fort heureusement, nous percevons que nous sommes sur la bonne voie.

« Ma femme ne pouvait pas venir au théâtre hier soir, j’ai donc proposé à ma fille de 12 ans de m'accompagner pour voir la pièce L’emmerdeur. C’était sa première pièce qu’elle voyait pour les grandes personnes. Après le spectacle, elle ne tenait plus en place. Elle m’a demandé quand elle pourrait venir voir une autre pièce de théâtre. Je lui ai répondu que l’on pourrait l’abonner à quelques pièces l’an prochain. »

Soyez assuré que nous avons toujours à cœur de présenter le bon spectacle dans la bonne salle et aux bons spectateurs, car nous aimons notre métier et aimons vous lire. Vos commentaires nous aident à poursuivre notre réflexion.

Par Guy Boulanger
Directeur général

 

 

 

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